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Petit Dictionnaire de Théologie
ou
Petite Théologie en forme de Dictionnaire
Cette page est l'oeuvre de mon frère: le pasteur
Marc Pernot... merci et bravo à lui.
Vous ne serez pas d'accord avec tout ce qui est
dans ce petit dictionnaire, mais s'il vous a donné envie d'avoir votre
opinion personnelle, et même de chercher Dieu = ce sera vraiment formidable
(pour vous).
+ Vous pouvez participer au débat en
faisant part de vos remarques et questions.
+ Vous pouvez télécharger
ce petit dico en format word (140 ko = une
version sans les petits dessins)
Marc
Pernot
de A à Z :
Alliance, Amour,
Ange, Animaux/Humains, Baptême,
Bénédiction, Bible,
Bien, Blasphème, Cène,
Christ, Communion, Confirmation,
Confession-de-foi, Conversion,
Désert, Diable, Dieu,
Église, Enfer, Eschatologie,
Espérance, Esprit, Éternel,
Éthique, Évangile,
Fin-du-monde, Grâce, Jésus,
Jugement, Justice,
Justification, Liberté, Mal,
Mariage, Messie, Ministère,
Miracle, Morale, Oint,
Paradis, Pardon, Paraclet,
Parole de Dieu, Parousie, Pasteur,
Péché, Prédestination,
Prêtre, Prière,
Profession-de-foi, Prophète,
Providence, Religion, Repentance,
Résurrection, Révélation,
Sacré, Sacrement, Saint,
Sainte-Cène, Salut, Souffrance,Tentation,
Théologie, Trinité,
Vérité, Vie-éternelle,
YHWH, Z
Alliance
Aujourd'hui
on dirait plutôt une association qu'une alliance pour parler de ce lien
entre des personnes qui veulent travailler ensemble. Dans la Bible,
l'alliance est l'accord que Dieu passe avec les hommes
:
Dieu fait ainsi alliance avec Adam & Ève(c'est-à-dire
avec l'humanité, avec vous et moi *),
avec Noé (après le déluge*),
avec Abraham *,
avec Moïse. En Jésus-Christ, cette alliance est renouvelée
avec chaque individu de l'humanité entière que Dieu regarde
comme faisant partie de son peuple, de sa famille.
Une association demande deux personnes :
- Dieu est la première personne et rien ne peut briser son alliance
avec nous. (c'est ce que l'on appelle "la grâce")
L'amour ne marchande pas, rien ne peut nous séparer de l'amour que
Dieu a pour nous.*
- La question délicate est plutôt celle du retour : l'association
de l'homme avec son Dieu. La grâce de Dieu appelle
la foi de l'homme.
.
en haut
Amour
Paul donne une bonne définition de ce que l'on entend par "amour"
dans la Bible : "Lamour est patient, il est
plein de bonté. Lamour nest pas envieux, il ne se vante
pas, il ne senfle pas dorgueil, il ne fait rien de malhonnête,
il ne cherche pas son intérêt, il ne sirrite pas, il ne
soupçonne pas le mal, il ne se réjouit pas de linjustice,
mais au contraire l'amour se réjouit de la fidélité.
Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L'amour
ne meurt jamais" (1
Corinthiens 13).
Le
mot traduit par "amour" dans la Bible ne signifie pas avoir de la
sympathie ou de l'affection. On peut trouver quelqu'un sympathique, on peut
même être amoureux de lui (ou d'elle), il s'agit alors d'une attirance
particulière. Ce n'est pas de cela dont Paul parle ici.
Par exemple, la première qualité de l'amour citée par
Paul : " Lamour est patient. ", on peut être amoureux
et pas patient du tout, on peut donc être amoureux et ne pas aimer au
sens où Paul l'indique. On peut aussi trouver son voisin peu sympathique,
et être, malgré cela, patient envers lui, après avoir
appris que s'il met toujours sa télé trop forte, c'est parce
qu'il est à moitié sourd... Paul nous propose de voir le bien
qui est dans une personne, de lui souhaiter du bien, et d'agir pour son bien,
dans la mesure du possible.
Quand Jésus et ses disciples nous proposent d'aimer, il s'agit de
cette qualité de relation, parce qu'elle embellit tout : nos rapports
avec ceux qui sont chers à notre cur, mais aussi avec ceux qui
ne nous sont pas sympathiques, avec ceux que nous croisons par hasard ou même
ceux qui nous maltraitent. C'est ce que nous propose Jésus .
On peut s'exercer à aimer plus. En écoutant les autres, en
les connaissant mieux, en essayant de voir les choses de leur point de vue,
avec leurs faiblesses, leurs forces, leur histoire et leur personnalité,
on arrive à mieux aimer un peu mieux. Mais c'est vrai que les progrès
sont difficiles.
En nous donnant une si belle définition de l'amour et de la vie chrétienne,
l'Évangile pourrait nous désespérer
: comment aurons-nous la force de vivre cet idéal ? La réponse
à cette crainte est la base de l'Évangile : Dieu est amour,
et c'est lui, lui seul, qui donne de vivre et de progresser sur ce chemin.
Dieu est l'amour, et c'est parce que nous sommes ses enfants que nous sommes
capables d'aimer. C'est en s'ouvrant à la venue de l'Esprit que nous
grandirons dans cet amour, dans cette vie.
Il n'est pas facile d'aimer les autres, il n'est pas facile non plus de
s'aimer soi-même véritablement. Aimer Dieu, au moins un petit
peu, et s'ouvrir à sa présence est ainsi la clef de tout ce
qui est important et éternel dans notre vie, à commencer par
nos relations avec ceux qui nous entourent.
. align="right" width="1" height="1"> en haut
Ange
Dans
la Bible, on parle seulement de messagers,on dirait
aujourd'hui des facteurs. Ce sont les traducteurs de la Bible qui ont inventé
le mot "ange" sur la base du mot grec angeloV
qui veut dire messager. Cela change tout, malheureusement. Parce qu'alors
on pense que les anges ne sont que des sortes de bêtes à plumes
que Dieu envoie pour nous parler. En réalité, il nous arrive
de recevoir une Parole de Dieu directement dans la prière,
ou grâce à une personne comme vous et moi qui a eu un geste ou
un mot qui nous a fait avancer.
Animaux / Humains
Oui,
l'homme est un animal, mais il n'est pas que ça.
Nous avons une foule de choses en commun avec les animaux, de sorte que
du point de vue scientifique il n'est pas facile de dire ce qui nous distingue
d'eux. Nous aurions donc tort de faire les malins, ou de considérer
les animaux comme des objets ou des vies sans valeur. C'est ce que l'on voit
dans la première page de la Bible, car les animaux et les êtres
humains sont créés le même jour, le 6e. Cela nous invite
à réfléchir sur la place importante dans l'univers qu'ont,
ensemble, tous les êtres vivants.
La Bible ajoute que l'être humain a quelque chose de plus qu'un animal
:
- Dieu bénit l'être humain*.
Ce qui fait de nous un être humain c'est que Dieu nous reconnaît
ainsi comme tel. Ce titre n'est pas à mériter en étant
intelligent ou sage, Dieu nous reconnaît comme humain, nous le sommes
donc. Il nous adopte comme ses enfants nous le sommes donc .
- Et puis, Dieu donne à l'être humain son Esprit*.
L'être humain est ainsi une créature comme n'importe quel animal,
mais il est aussi quelque chose de plus, car Dieu lui donne quelque chose
qui fait de lui un être un peu à l'image de Dieu. Nous sommes
alors une créature, mais aussi, à notre mesure, nous sommes
un créateur, un peu comme Dieu. Nous sommes bénis par Dieu,
et nous pouvons aussi être source de bénédiction...
Bref, nous recevons une distinction extraordinaire, sans condition, mais
cela nous donne une responsabilité spéciale dans la création.
Après avoir créé et béni l'homme, Dieu le place
dans sa création "pour la cultiver et la garder" , nous donnant
la responsabilité de soigner notre planète et de perfectionner
ce qui ne va pas dans la nature (par de la médecine, de l'irrigation,
des constructions,... intelligentes et bonnes). Dieu propose enfin à
l'homme de nommer les animaux , il peut ainsi reconnaître leur importance
et leur place dans l'ordre de la nature.

Baptême
Un des 2 sacrements (l'autre est la communion).
Le geste du baptême est étroitement associé à l'entrée
dans la communauté des chrétiens.
Il
y a deux façons de comprendre le baptême :
- Pour ceux qui reconnaissent le baptême des bébés,
le point essentiel qui fait de nous des enfants de Dieu, c'est la grâce
de Dieu, c'est-à-dire le fait que Dieu nous consière a
priori, sans condition, comme son enfant bien-aimé. Le baptême
est un geste qui annonce cette grâce, dans l'espérance que
la personne répondra un jour à cette grâce par la foi.
Lors du baptême, un peu d'eau est déposée sur la tête
du baptisé, accompagnée d'une parole de bénédiction.
- Pour ceux qui préfèrent réserver le baptême
aux adultes, la foi personnelle est indispensable pour
être reconnu comme faisant partie de la communauté chrétienne.
Après avoir donc proclamé publiquement sa foi, le baptisé
est plongé dans l'eau, comme s'il était lavé de sa
vie ancienne pour renaître à une vie nouvelle.
Dans la vie de tous les jours, l'eau sert à 2 choses : pour se laver,
et pour boire. Les 2 façons de comprendre le baptême reprennent
ces 2 sens symboliques de l'eau :
- Dans le cas du baptême avant la profession de foi, l'eau est comme
la pluie bienfaisante qui fait germer la vie, comme la source que trouve
celui qui est dans le désert.
- Dans le cas du baptême après la profession de foi, l'eau
est plutôt signe du pardon de Dieu qui vient laver notre impureté.
Dans notre église, nous baptisons les bébés. Quand un
adulte demande le baptême, il est d'abord baptisé, puis il professe
sa foi. Il est alors appelé à continuer à se tourner
vers Dieu avec régularité. Il est alors membre de l'église,
ce qui l'appelle à y avoir une place active, et à participer
à la communion.
Le baptême est donné une fois pour toute, puisqu'il est le
signe de l'amour de Dieu (que rien ne peut diminuer), et c'est le signe de
l'entrée dans la famille des chrétiens (place qui restera toujours
prête).
Mais l'autre sacrement, la Communion, peut être
renouvelé régulièrement, comme notre foi a sans cesse
besoin d'être approfondie.
Bénédiction
En français comme en grec, bénir signifie "dire du bien".
C'est déjà formidable que Dieu nous bénisse
ainsi, qu'il dise du bien de nous. Et c'est une bonne idée de bénir
son Dieu, de lui adresser une prière de louange.
En hébreu, la langue de la première partie de la Bible, bénir
signifie plus encore que cela. La bénédiction de Dieu c'est
le don de la vie, du bonheur et de la paix. Bénir
c'est donner la vie, et un sens à la vie.
Bible
La
Bible est une bibliothèque de 66 livres, Les 39 premiers forment la
Bible hébraïque (ou Ancien Testament), les 27 suivants ont été
rédigés par les premiers disciples de Jésus-Christ et
forment le Nouveau Testament.
La Bible Hébraïque a été rédigée
en hébreu entre -1000 et -500 avant Jésus-Christ environ. Elle
comprend :
- les 5 livres de la Loi (Torah). On lira principalement
la Genèse et l'Exode.
- Les prophètes (lire en particulier le
livre d'ésaïe, et celui de Jonas).
- Les écrits (les 150 Psaumes peuvent être
lus et relus tout au long d'une vie).
Le Nouveau Testament est centré sur la vie et le message donnés
par Jésus-Christ (l'évangile). Il comprend
:
Les
4 évangiles, 4 témoignages
relativement différents sur la vie de Jésus (Matthieu, Marc,
Luc, Jean). Leur lecture du début jusqu'à la fin n'est pas
bien longue, et c'est la base de toute pensée chrétienne.
- Les actes des apôtres, les lettres
de Paul & Co montrent la vie et la pensée dans la première
génération après Jésus.
- l'Apocalypse est un livre curieux qui a inspiré
beaucoup de livres et de films fantastiques. C'est un style particulier,
mais comme les autres livres de la Bible, l'Apocalypse parle principalement
de la relation entre Dieu et nous-mêmes, dans le temps présent.
Chaque page de la Bible est le témoignage d'une personne qui a été
en relation intime avec Dieu. Cela veut dire que dans le texte biblique, il
y a à la fois quelque chose qui vient de Dieu et quelque chose qui
vient de la personne humaine. Cela explique pourquoi ces témoignages
sont si divers d'un livre à l'autre. Et cela explique en quoi elle
peut nous être utile. La Bible ne sera parole de Dieu
pour quelqu'un que s'il la lit (bien entendu), et s'il la lit dans un esprit
de prière (c'est-à-dire en acceptant que Dieu lui apporte quelque
chose).
La
diversité des points de vue qui se trouvent dans la Bible invite à
réfléchir par soi-même, au débat entre croyants,
et à la tolérance. Cette diversité est une chance car
elle lutte contre notre tendance naturelle à vouloir que notre point
de vue soit le seul bon. Un lecteur de la Bible ne peut pas être intégriste,
à moins de le vouloir vraiment.
en haut
Bien
Comme j'ai mis un article sur la banale question de l'existence du mal
et de la souffrance dans le monde, il m'a semblé important de mettre
quelque chose sur la question de l'existence du bien.
L'existence du bien dans l'univers est beaucoup plus extraordinaire que l'existence
du mal. En effet, les choses ne sont pas du tout symétriques :
- Pour créer un être humain un petit
peu libre et capable d'aimer, il faut des dizaines d'années de travail
et des centaines de participants actifs dans son développement.
- Pour tuer un être humain, il suffit d'une
tuile qui tombe d'un toit, ou d'une défaillance d'un des organes
vitaux pendant quelques instants.
Le Bien dans la Bible, c'est ce qui va dans le
sens de Dieu : le bien, c'est la vie, la bienveillance,
la fidélité, l'élan créateur...

en haut
Blasphème
Encore un mot grec qui se retrouve tel quel, non traduit, dans le texte de
nos Bibles.
"Blasphémer" c'est démolir injustement la réputation
de quelqu'un, ce qui n'est pas très sympathique car cela peut vraiment
blesser ou tuer quelque chose dans la personne ainsi attaquée.
On peut calomnier Dieu, dire des horreurs sur lui, sur
l'Esprit, sur le Christ... Ce
n'est pas très positif, mais Dieu en a vu d'autres et il ne se fâche
pas contre nous pour autant. Mais quand par nos paroles, ou nos actes, on
éloigne de la foi d'autres personnes, on leur fait un grand tort, on
fait vraiment du mal.
L'Évangile annonce le pardon de Dieu da façon
radicale. Mais il y a un passage curieux où il est dit que même
Dieu ne peut guérir le blasphème contre l'Esprit
Saint . Je crois que cela ne désigne pas une phrase qu'il ne faudrait
surtout pas dire. Mais que si nous voulons de toutes nos forces chasser l'Esprit
de Dieu de notre être, nous mettons alors vraiment notre personne en
danger, malgré la volonté de Dieu et malgré son amour
pour nous.
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Christ - Messie - Oint
Christ, ce n'est pas le nom de famille de Jésus,
c'est une fonction, une responsabilité. Comme Roi, par exemple.
Christ est un mot grec (CristoV).
En français Christ se traduit par Oint, et en hébreu
Christ se dit Messie.
Dans la Bible, un christ (avec une minuscule), c'est quelqu'un qui a reçu
l'onction d'huile sainte pour faire de lui un serviteur de Dieu, chargé
d'une responsabilité particulière (un ministère)
- Un prophète est chargé d'annoncer
le point de vue de Dieu.
- Un prêtre est chargé de prier Dieu,
et de l'adorer.
- Un roi est chargé d'agir et de gouverner
dans ce monde.
Bref, un christ, c'est quelqu'un qui est chargé par Dieu de faire
avancer les choses pour les gens qui l'entourent.
Le
Christ (avec un C majuscule) c'est cela, mais d'une façon totalement
radicale et universelle. Pour les chrétiens, Jésus
de Nazareth est le Christ. Depuis 2000 ans, des milliards de juifs et
de païens ont effectivement reçu de lui une vie nouvelle. Certains
juifs attendent encore le Messie, soit comme une personne, soit comme le peuple
d'Israël tout entier.
Tout chrétien, homme ou femme de toute origine, est appelé
à suivre le Christ. C'est-à-dire que chacun est appelé
à être, à sa mesure, prophète (écoutant
et annonçant la Parole de Dieu), prêtre
(en priant Dieu) et roi (en agissant dans le monde au service des autres).
en haut
Communion
Un des deux sacrements (l'autre est le baptême).
Il consiste à prendre un peu de pain et de vie avec les autres participants
du culte.
On
appelle ce repas de différents noms selon le sens que l'on désire
privilégier, mais chacun des sens de ce geste est important :
- Communion, sous entendu communion avec le Christ,
avec sa vie, ses paroles et son Père (Dieu). Pour les chrétiens,
le Christ est présent, même si les façons de comprendre
cette présence divergent un peu. Pour les protestants il s'agit d'une
présence spirituelle.
- Saint-Cène, par référence
au dernier repas de Jésus avec ses disciples,
juste avant d'être exécuté. (Cène voulant
dire repas en latin). Nous sommes ainsi rassemblés par le Christ
avec ses 1ers disciples.
- Repas du Seigneur. C'est ainsi que la première
génération de chrétiens appelait ce geste. Le Repas
du Seigneur, c'est le repas que l'on prend dans le paradis à la table
du Messie. Par le Christ, nous sommes ainsi déjà partiellement
dans la vie éternelle même si nous sommes encore sur terre.
- Eucharistie. Ce mot grec signifie "remerciement",
sous entendu remerciement à Dieu pour tout ce qu'il nous donne.
En bref, la Communion dit :
- le don de Dieu en Christ (à travers le
pain et le vin qui sont offerts). Le pain évoque la Parole de Dieu
qu'incarne le Christ. Le vin évoque la vie que le Christ nous donne,
et la joie intérieure qui va avec.
- et la foi de la personne qui prend et qui mange
ce que Dieu lui offre, exprimant ainsi son désir de vivre de plus
en plus en communion avec Dieu grâce au Christ.
La
communion a ainsi une dimension individuelle importante, elle est un rappel
du baptême et un renouvellement de notre profession
de foi (toujours à approfondir)
La communion a une dimension communautaire. L'ensemble des êtres humains
en communion avec le Christ forme un corps dont le Christ serait la tête.
Toute personne qui le désire peut participer à la Communion,
en signe de son désir de vivre de ce que Dieu nous donne en Christ,
et de prendre sa place avec les autres dans la communauté des chrétiens.
Confession de foi
Il n'est pas inutile de chercher ce que l'on croit, de creuser la question
en discutant, lisant, priant... afin de progresser dans sa façon de
voir, dans sa théologie. Jésus nous a donné
un coup de main déterminant pour progresser dans ce domaine. Il entre
dans un débat qui dure depuis des siècles, un débat que
l'on peut suivre dans la Bible et dans ses commentaires.
Jésus
nous encourage à avoir foi en Dieu, bien entendu, mais aussi à
penser notre foi. Il nous dit "tu aimeras le Seigneur
ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta
pensée, et de toute ta force" (Marc 12 :29), Jésus
cite alors un verset de la Bible, mais c'est lui, Jésus, qui a ajouté
le "tu aimeras Dieu de toute ta pensée"
qui ne se trouvait pas dans l'original du Deutéronome. Quand Jésus
dit cela, il nous encourage à utiliser notre intelligence, à
la développer au même titre que les autres dimensions de notre
existence, Dieu animant le tout.
Jésus cherche à développer notre réflexion par
des paraboles, ces curieuses petites histoires qui sont toujours un peu dérangeantes.
Les disciples ne trouvent pas cela tellement drôle, ils voudraient que
Jésus soit plus clair, qu'il donne un bon catéchisme bien carré
qu'ils puissent apprendre par coeur et appliquer à la lettre. Jésus
s'y refuse car il veut nous faire réfléchir. Il ne réserve
pas cet effort de réflexion à une élite, au contraire,
c'est à l'ensemble de la population qu'il s'adresse ainsi.
La foi est du domaine de la relation à Dieu, cette relation nourrit
une pensée rationnelle. Inversement, notre théologie n'est pas
neutre, une bonne théologie stimule pour notre recherche de Dieu et
nous aide pour témoigner de notre foi.
La confession de foi cherche à dégager quelques points essentiels
de notre réflexion, quelques points prioritaires pour nous. Elle s'exprime
souvent à la première personne "Je crois en Dieu, le Père...
Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur...". Au cours du culte
la personne qui préside (pasteur ou laïc) choisit (ou prépare)
une confession de foi et la propose à l'assemblée.
Dans
l'église réformée, nous sommes attachés à
cette réflexion personnelle de chaque fidèle. Pour entrer dans
notre église, il suffit de le demander et de faire cette simple confession
de foi "Jésus-Christ est le Seigneur"*,
ce qui est commun à absolument tous les chrétiens.
"Jésus-Christ est le Seigneur"
cela veut dire :
- Que cet homme, Jésus, est le Christ, c'est-à-dire qu'il
est envoyé par Dieu comme sauveur de l'humanité et mon sauveur.
- Et cela veut dire que je reconnais ce Jésus-Christ comme le Seigneur,
c'est-à-dire comme ayant une importance capitale pour ce que je veux
être, sur ce que je connais de Dieu. Mais ces conséquences,
il m'appartient de les mesurer en termes de croyances, d'actes de services,
d'actes religieux, de don... selon ce que ma conscience me dictera, éclairée
par l'Esprit.
Si nous sommes unis ainsi par une même foi (au sens
de relation à Dieu par Christ). Nous trouvons que nous sommes alors
déjà assez en communion entre nous pour lire la Bible
ensemble, prier ensemble, participer à la Sainte-Cène
ensemble.
La diversité de confessions de foi est même une chance car elle
nous rappelle qu'aucune confession de foi n'est parfaitement fidèle
à Dieu et au Christ. Cette diversité nous encourage ainsi à
poursuivre le chemin (et à le poursuivre dans l'humilité et
le dialogue).

Confirmation
Un adulte qui a été baptisé bébé
n'est pas obligé de devenir chrétien. C'est sa liberté.
Il n'a pas choisi de recevoir le baptême, pas plus qu'il a choisi d'être
aimé par ses parents. La grâce est le choix
de Dieu. Son amour appelle la foi de l'homme. Quand une personne désire
ainsi répondre pour la première fois publiquement à l'amour
de Dieu par sa foi, il "confirme" l'existence de ce lien qu'il y
a entre Dieu et lui.
La confirmation ne se fait pas avant 14 ans. À cet âge, on a
en général les moyens d'affirmer sa volonté d'une façon
personnelle, indépendamment de ses parents. Une préparation
est nécessaire pour affirmer sa foi en Christ en connaissance de cause.
La confirmation n'est faite qu'une fois, mais on peut désirer professer
sa foi publiquement à l'occasion d'un nouveau départ ou
d'une étape importante dans sa foi.
Quand un adulte demande le baptême, il est d'abord baptisé,
puis il professe sa foi, confirmant ainsi la grâce du baptême
qu'il vient de recevoir.
Conversion - Repentance
Conversion
et repentance sont des mots qui appartiennent au langage religieux. Dans la
Bible, le vocabulaire employé à l'origine était bien
plus simple et concret.
Se convertir ou se repentir, dans la Bible, c'est se tourner
dans une autre direction, sous-entendu : se tourner vers Dieu. C'est
la principale chose que l'évangile nous propose de faire, ou plutôt
d'être. Tout le reste est une conséquence.
Se tourner vers Dieu c'est être disposé à changer (ce
qui est déjà formidable) + c'est placer son espérance
en Dieu et attendre quelque chose de lui = c'est vouloir avancer dans ce sens
là grâce à lui, avec lui.
Se convertir c'est vouloir avoir la foi, ou avoir plus de foi. La conversion
est ainsi de l'ordre du choix personnel. Même dans le doute ou dans
l'erreur, on peut se dire "c'est vers là que je veux me tourner
!"
L'évangile annonce la grâce
de Dieu et il met l'accent sur notre conversion, une simple orientation
de notre regard. Cela est vraiment libérant. Il pourrait nous demander
de croire ceci, d'être certain de cela, d'agir de telle ou telle façon,
de prier tous les jours... Au lieu de cela, le Christ nous propose "simplement"
de nous tourner vers Dieu. Et il nous dit qu'on peut le faire sans crainte.
Dieu fera le reste, à notre rythme.
Certaines traductions de la Bible mettent "repentez-vous"
pour traduire cet appel à la conversion que nous proposent Jean-Baptiste
ou Jésus-Christ. Le repentir insiste sur la dimension morale. C'est
sans doute une bonne idée d'avoir un regard lucide sur notre manière
de vivre, avec ce qu'il y a de bien et de moins bien, mais "se tourner
vers Dieu" c'est plus profond que cela, c'est compter sur Dieu, justement
parce que nous n'arrivons pas à mettre de l'ordre nous-mêmes
dans notre vie.
Désert
Il se passe plein de choses dans le désert, en tout cas dans la Bible.
C'est
dans le désert que le peuple hébreu avance vers la Terre
Promise (vers la libération, l'abondance et la paix que Dieu
leur offre). C'est dans le désert que Dieu leur parle et les nourrit.
C'est dans le désert que Jean-Baptiste annonce la venue du Christ.
C'est dans le désert que Jésus se prépare à assumer
sa mission et qu'il a la victoire sur ses tentations, c'est dans le désert
qu'il va pour prier Dieu...
Pourquoi est-ce que la Bible attache tant d'importance au désert ?
- D'abord à cause d'un jeu de mot. En hébreu, le mot désert
signifie littéralement dans la parole. Mais dans la Bible,
le désert nest pas un lieu où il ny a rien, cest
le lieu où lhomme est seul avec la Parole de Dieu.
- Mais au-delà du jeu de mot, il y a une réalité :
il est bon de retirer régulièrement à l'écart,
dans le silence, pour se retrouver en vérité avec son Dieu.
en haut
Diable
Certains
croient qu'il existe une puissance négative personnifiée (ayant
une volonté propre): le Diable, ou Satan. D'autres (dont je suis) pensent
qu'il y a une seule puissance transcendante, un seul Dieu
et qu'il est bon. Ce seul Dieu suffit à comprendre
l'existence de l'univers, et ce qui s'y passe (le bien et le mal).
Quelques textes de la Bible parlent du diable ou de
satan. Il y en a fort peu, et l'on n'est pas obligé de comprendre ces
textes comme parlant d'une personne individuelle.
À l'époque de la Bible une théologie
assez répandue était dualiste (avec deux dieux, un bon qui construit
et un mauvais qui démolit, avec des anges dans chaque camp). Les auteurs
de la Bible connaissaient cette façon de voir, mais ils s'en distinguent
délibérément avec leur compréhension du monde
avec un Dieu unique. Pour eux, la création du monde ne se fait pas
dans une lutte etntre une puissance du bien (Dieu) et une puissance du mal
(diable, esprit du mal, ou dieu des ténèbres), mais Dieu crée
le bien en mettant de l'ordre dans le chaos*.
Peut-être que certains auteurs de la Bible gardent des traces de pensée
dualiste, comme on voit quelques traces de polythéisme dans les textes
les plus anciens de la Bible. Mais ce n'est pas certain du tout qu'ils aient
cru un jour à l'existence de cette personne maléfique.
"Satan" veut dire tout simplement l'ennemi. "Diable"
cela veut dire ce qui divise, ce qui éparpille. Dans les 2 cas, nous
n'avons pas besoin d'aller chercher bien loin pour nous sentir concernés.
Nous avons nos ennemis intérieurs, il nous arrive de lutter contre
le bien, de tuer (un peu), il nous arrive d'être une force qui divise
et produit du chaos.
Hors de l'homme, je ne vois pas où serait dans l'univers l'oeuvre
d'un mal personnifié. Si une sorte de dieu méchant (ou un ange
déchu, si l'on veut l'appeler comme ça) cherchait à faire
le mal, il enverrait des cancers ou la foudre sur les personnes les plus merveilleuses.
Or, nous observons que les catastrophes naturelles frappent au hasard, indépendamment
de la valeur spirituelle et morale de la personne. Il n'y a dans le monde
que l'être humain pour combiner volontairement le mal. Il n'y a que
l'homme pour être, parfois, satanique. L'animal ou la nature n'en sont
pas capable.
Dieu (voir aussi YHWH)
D'un point de vue rationnel, il est probable que Dieu existe
Certaines choses sont invisibles, mais pourtant existent quand même.
C'est par exemple le cas de l'air : on ne le voit pas, mais s'il manque on
s'en rend vite compte. Et quand on voit des branches bouger, nous déduisons
logiquement qu'il y a quelque chose qui les agite. Dieu
est invisible, mais on a également besoin de sa présence
et on peut voir son action.
La science nous apprend que le monde est en évolution.
L'explication la plus vraisemblable de ce mouvement est l'existence de "quelque
chose" d'extérieur à l'univers qui en est la cause, l'origine
et le sens.
D'ailleurs
on peut le rencontrer
"J'ai rencontré Dieu" c'est ce que nous disent les milliards
de croyants du monde entier, même si certains croyants très sincères
ne font pas cette expérience. Cela a commencé du temps de l'homme
des cavernes qui peint des bisons sur les parois. Tous les peuples ont une
religion, car tous ont eu cette expérience
de l'existence de quelque chose de positif au-delà de la simple matière
: un être que nous appelons Dieu (en français), God (en anglais),
Allah (en arabe)... Aujourd'hui des quantités de gens, chercheurs en
physique atomique, cuisiniers, philosophes ou chasseurs de phoque prient
et peuvent témoigner de cette expérience de leur rencontre avec
Dieu. Ils disent que cela est fondamental pour eux.
Qui est Dieu ?
L'observation, l'étude des divers témoignages, une expérience
personnelle éventuelle servent de base à notre opinion sur cet
être unique en son genre. Chacun se fait une idée de Dieu, aucune
n'est parfaitement exacte, aucune n'est d'ailleurs semblable car la façon
de voir Dieu est très personnelle. C'est comme si on demandait à
de multiples personnes de décrire un individu donné. La façon
de le voir serait relativement différente sur certains points et semblable
sur d'autres. Un an après, les mêmes personnes diraient encore
un peu autre chose... Il y a ainsi des différences entre les religions
et des différences de théologie entre les
gens d'une même religion.
Nous, chrétiens, notre point commun est de faire confiance en Jésus
de Nazareth pour savoir qui est Dieu. Cela implique en particulier l'idée
d'un Dieu qui aime l'être humain sans condition.
Personnellement je trouve cela vraiment bien comme Dieu, bien mieux que dans
les autres religions, et infiniment mieux que de prendre mon ventre comme
dieu, ou ma soif de pouvoir, ou mon plaisir, ou mes petits loisirs.
Est-ce que je m'intéresse à Dieu ?
La majorité des gens croient en l'existence de Dieu, même en
France qui est un des pays où il y a le plus d'athées. Mais
cela ne veut pas dire pour autant que tous ces gens veulent laisser une place
à Dieu dans leur vie. Sans être athées du point de vue
de leur convictions, ils vivent néanmoins comme étant sans-dieux
(=athées).
Le point délicat est en réalité là : est-ce que
l'on choisit de se donner une orientation pour son existence, et est-ce que
l'on choisit Dieu comme orientation ? = Est-ce que je veux avoir la foi
?
Mais dans tous les cas, Dieu s'intéresse à l'être humain
individuel comme un être unique et irremplaçable. Même
si l'on ne croit pas en Dieu, lui, croit en nous. Par grâce.
Église
Dans la Bible, le livre des Actes des apôtres raconte les
débuts de l'église chrétienne à la Pentecôte*.
Après la disparition du Christ, ses disciples étaient désemparés,
mais un jour, tout a changé par l'Esprit que chacun de ces hommes et
femmes va recevoir. Ils vont alors témoigner du Christ un peu partout,
ils vont s'organiser entre eux pour porter le témoignage du Christ
un peu partout et pour secourir ceux qui en ont besoin...
L'église
Chrétienne est ainsi la communauté des croyants
par Jésus-Christ. Ce qui la fonde c'est le don de l'Esprit, c'est-à-dire
une expérience personnelle de relation à Dieu, ce qui peut être
vécu de différentes façons selon les individus. D'ailleurs
le mot "église" signifie "ceux qui sont appelés
par Dieu" à se mettre en route.
L'Église Universelle avec un grand É
est cette communauté au sens large qui dépasse largement toutes
les institutions humaines, les églises (avec
un petit é). L'église est constituée de tous les hommes
et les femmes se sentant appelés par Dieu en Christ, qu'ils soient
membres de l'église catholique romaine, ou de l'église réformée
de tel endroit, ou même celui qui n'est membre d'aucune église
particulière.
Pour ne pas plus compliquer les choses, dans le protestantisme français
nous n'appelons pas "église" le bâtiment qui est
utilisé pour nous réunir. L'église c'est, pour nous,
uniquement une communauté de personnes. Le bâtiment où
l'on se rassemble pour prier Dieu et entendre sa Parole est appelé
en France un temple, par souvenir du Temple de Jérusalem.
Bien entendu, l'église n'est pas plus parfaite
que les êtres humains qui la composent (elle est même souvent
pire, comme dans tout groupe humain). Chaque église a besoin de se
convertir, de progresser, de se réformer sans cesse. Cela n'est possible
que dans la mesure où les chrétiens s'engagent, disent leur
opinion, font bouger les choses.
La diversité des individus dans leur sensibilité
et dans leur point de vue est une chance pour sentir la richesse de l'évangile.
La diversité des églises n'est donc pas un scandale, ce qui
est par contre triste c'est quand des chrétiens méprisent l'expression
de la foi d'autres chrétiens, leur culte ou leurs sacrements.
La mission de l'église, et donc des églises
est
- de témoigner de l'évangile dans
le monde d'aujourd'hui (par des paroles et par des actes)
- de se rassembler pour célébrer Dieu, lire la Bible
et la méditer,
- de donner des signes de la grâce de Dieu par les sacrements
(le baptême et la communion).
Enfer
Cette notion existe plus dans l'imaginaire populaire que dans la Bible. Ce
serait un lieu de torture éternelle pour ceux qui sont recalés
à l'examen d'entrée au Paradis. Cette
façon de voir est bien simpliste et n'est pas cohérente, à
mon avis, avec ce que le Christ nous dit de Dieu. Comment pourrait-il torturer
son enfant ?
L'Ancien Testament parle du Shéol*,
le séjour des morts. À l'époque, les croyants n'étaient
pas certains que l'on y était encore vivant. Jésus affirme que
la vie continue après la mort du corps.
Le Christ parle de la Géhenne*,
en utilisant de façon imagée ce nom de lieu qui était
la décharge municipale de Jérusalem. On y brûlait les
ordures, le feu ayant alors plus le rôle de purification que de torture,
pour nettoyer et assainir la ville. Nous pouvons donc comprendre cette façon
de parler du Christ comme un avertissement, certes, mais aussi comme une bonne
nouvelle puisqu'il nous annonce que ce qui est impur et nauséabond
dans notre vie sera ainsi éliminé et purifié par le jugement
de Dieu.
Au sens spirituel, l'enfer c'est être loin de Dieu, c'est être
aujourd'hui coupé de lui. Et dans notre communion avec Dieu nous sommes
déjà, partiellement, au paradis.
Espérance
Espérer en Dieu, c'est mettre sa confiance en lui, c'est se reposer
sur lui, s'appuyer sur lui de telle sorte que l'on n'a plus à avoir
peur. Cette
confiance est basée sur la certitude de la fidélité de
Dieu, qui garantit notre avenir . L'apôtre Paul dit que trois choses
seulement demeurent, et l'espérance en fait partie (avec la foi
et l'amour*) .
Le salut peut tarder, lespérance peut être enfouie, mais
elle ne disparaît pas, car notre avenir est dans la bonne main de Dieu.
Et en Christ le salut de Dieu n'est plus une chose abstraite mais bien visible.
Esprit - Paraclet
Dans
les langues de la Bible (en hébreu, comme en grec), il y a un seul mot
pour dire : "esprit", "vent"
ou "souffle".
Dieu est invisible, mais l'expérience de sa présence et de
son action est quelque chose de bien concret pour le croyant. Ils ont cherché
à quoi comparer la manière dont Dieu est présent dans
le monde et ils ont trouvé cette image :
- Le souffle, l'air que nous respirons, est la
chose la plus indispensable à notre vie. On peut s'en passer quelques
secondes, mais s'il manque nous mourrons très vite. L'air est offert
à tout le monde, il suffit de le respirer. C'est ainsi que la grâce
de Dieu est offerte à tous, mais qu'il faut se donner la peine de
la mettre en soi pour en vivre.
- Le vent, c'est une puissance qui peut être
importante ou très douce. C'est une belle image pour expliquer le
mode d'action de Dieu sur la Terre, pour dire de quel type est sa puissance
: Dieu agit dans le monde comme un vent poussant des navires sur la mer.
Dieu est une force et une direction qui est proposée, mais que l'on
peut choisir de suivre ou de ne pas suivre (c'est nous qui tenons le gouvernail
de notre vie et c'est nous qui ouvrons ou fermons les voiles au vent de
l'Esprit de Dieu)
L'Esprit de Dieu, ce n'est pas un morceau de Dieu, mais c'est plutôt
une des façons dont Dieu agit dans le monde et dans l'histoire*.
C'est donc extraordinaire que la Bible nous dise que Dieu donne son Esprit
à l'être humain lors de sa création*.
Dieu donne ainsi à l'être humain d'être un peu comme lui
:
- L'Esprit guide le serviteur de Dieu*,
et donc principalement le Christ*.
Mais, à notre mesure, chacun de nous est serviteur de Dieu quand
nous nous laissons guider par l'Esprit*.
- L'Esprit console, réconforte, il est
appelé parfois le "consolateur", ou le "défenseur"
(en grec Paraclet*).
- L'Esprit donne la vie*,
une vie si profonde et vraie qu'elle est plus forte que la mort.
La notion de trinité développée
par l'église dans les premiers siècles après Jésus
donne à l'Esprit une place importante.
Éternel - YHWH
Cette personne que l'on appelle Dieu (élohim en
hébreu) est appelée aussi d'un autre nom dans la Bible. Ce nom
a été révélé par Dieu à Moïse
au buisson ardent*
: YHWH (en hébreu). Les juifs ne prononcent pas ces 4 lettres, par
respect pour Dieu, et pour résister à l'illusion de penser que
l'on connaît totalement Dieu. Quand ils rencontrent ce mot dans le texte,
ils lisent alors Adonaï ("Le Seigneur") ou bien Hashem ("Le
Nom").
YHWH pourrait se traduire en français approximativement par "Je
suis, Je serai". Ce nom est important d'un point de vue philosophique
= Dieu est le seul qui existe véritablement en tant que tel. Tout le
reste est arrivé à l'existence comme une conséquence
d'autres choses qui l'on précédé, comme nous descendons
de nos ancêtres. Dieu, lui, n'est issu de rien puisqu'il est éternel.
Il existe par lui-même, il est l'être même.
La traduction "l'Éternel" rend bien cette notion théologique,
mieux que la traduction "le Seigneur" qui évoque l'idée
de quelqu'un qui commande (et mieux que Yahwé ou Jéhovah
qui ne veulent rien dire).
Dans la Bible, les mots "Dieu" et "YWHH" ne sont pas
interchangeables. Ils évoquent 2 façons dont la même personne
Dieu-YHWH agit dans le monde :
- Il est appelé Dieu quand il est créateur.
Pour créer, Dieu sépare ce qui est bien de ce qui est mal,
il agit pour mettre en valeur le bien, et pour faire reculer le mal.
- Il est appelé Éternel (YHWH) quand
il sauve, quand il aime, quand il nous associe à notre propre création.
On comprend qu'il faille un autre mot, parce que quand il sauve quelqu'un,
quand il pardonne, l'éternel accepte la part de mal qui est en nous
(c'est ça, aimer). Et donc en aimant, l'éternel se salit les
mains, pour ainsi dire, alors que Dieu rejette le mal.
La Confession de foi fondamentale de la Bible, dans
laquelle se concentre le génie théologique de Moïse, c'est
qu'une seule et même personne est à la fois Dieu et YHWH, qu'il
juge et qu'il aime, qu'il crée et qu'il sauve. Voilà cette confession
de foi selon Deutéronome 6 :4 :
écoute, Israël, l'éternel
notre Dieu, l'éternel est Un.
Cette confession de foi est d'ailleurs citée par Jésus
:
Voici le premier commandement : écoute, Israël,
le Seigneur notre Dieu, est l'unique Seigneur, Tu aimeras le Seigneur ton
Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée,
et de toute ta force. (Marc 12 :29)
Chercher à écouter l'éternel notre Dieu,
c'est une réponse intelligente et fidèle
à la grâce et la puissance de Dieu-YHWH.
Éthique - Morale
Jésus
ne nous offre pas sur un plateau une bonne petite morale prête à
vivre. Au contraire, ce qu'il nous propose c'est tout simplement
"d'être parfait comme votre Père céleste est parfait"
(Matthieu 5 :48). Cela semble fou, mais en réalité c'est formidable.
Car cette morale responsabilise sans culpabiliser.
- Cela ne culpabilise pas, car comment pourrait-on nous en vouloir de ne
pas arriver à être parfait ? Nous sommes tous frères
et soeurs face à ça.
- Mais en même temps, cette morale que nous propose le Christ nous
tourne vers un idéal, et un idéal qui est par définition
cohérent avec notre théologie. L'idéal
qu'il nous propose, c'est de vivre comme Dieu lui-même vit, d'être
créateur de bonheur et de vie comme lui, d'aimer même unilatéralement,
par grâce, comme lui,...
Par exemple, si le Christ nous disait : un bon chrétien donne 10%
de ses revenus pour la solidarité matérielle et spirituelle
avec les autres :
- Celui qui y arrive se dira qu'il est un bon chrétien, qu'il a fait
ce qu'il faut. Ce ne serait bon ni pour lui-même (il est alors arrêté
dans son cheminement), ni pour sa relation à Dieu (il n'a pas besoin
de lui pour aller plus loin), ni vis à vis des autres (qui n'ont
pas tous réussi à être si généreux).
- Celui qui n'arrive à donner que 8% parce qu'il est en train de
s'acheter une maison ou qu'il a je ne sais quelle difficulté, celui-là
sera culpabilisé.
Or, le Christ ne nous donne absolument pas ce genre de petite morale. Il
ne nous dit pas que nous devons donner 10%, il ne nous dit pas que nous devons
"partager" avec les plus pauvres...
=>
Ce que nous dit le Christ, c'est d'être parfait comme notre Père
est parfait. Ce que nous dit le Christ c'est de donner
notre vie pour les autres ! Ce n'est pas simplement un discours, puisque Jésus
donne effectivement sa vie. Heureusement, nous n'avons pas en général
à mourir ainsi pour le service des autres, mais notre idéal
reste un idéal infini : c'est Dieu lui-même.
Notre idéal est infini en Christ. Ensuite, nous faisons ce que nous
pouvons, en conscience, sachant que Dieu comprend, pardonne, aime son enfant
tel qu'il est, même imparfait, même pécheur.
Il nous donne cet idéal, il nous aide aussi à le vivre.
Évangile
"Évangile" est un mot grec (euaggelion)
qui veut dire "bonne nouvelle". L'évangile
(on met alors une majuscule) c'est la vie et les paroles de Jésus.
En l'appelant ainsi, on veut dire que la meilleure de toutes les nouvelles
jamais annoncées, c'est l'annonce de notre salut
en Christ, le salut de toute l'humanité.
Pour
connaître cet évangile de Jésus-Christ, nous avons principalement
4 témoins qui nous ont laissé chacun un livre que, du coup,
on appelle des évangiles (avec un é minuscule). Nous connaissons
les évangiles de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean.
Les manuscrits les plus anciens que nous ayons de ces livres sont en grec.
Mais peut-être que pour certains il y a eu une première version
en hébreu (ou en araméen), langues que parlait Jésus.
Il est probable que des disciples de Jésus aient pris des notes quand
il parlait, c'était en tout cas l'habitude des disciples des maîtres
juifs à l'époque. Ces témoignages ont été
ensuite rédigés quelques dizaines d'années plus tard
sous forme de courtes biographies de Jésus. Les 4 évangiles
sont assez différents par leur style, par certains faits et points
de théologie, mais ils sont cohérents sur l'essentiel de la
personne du Christ et de son message. Cette diversité est une véritable
leçon d'ouverture. La liberté de penser et de s'exprimer était
vécue dès l'origine du christianisme.
Nous connaissons
d'autres "évangiles" que ces quatre-la. En particulier l'évangile
de Thomas dont on avait entendu parler et qui a été retrouvé
dans des fouilles dans les années 1950. Ce texte comprend probablement
des passages très anciens, peut-être même des paroles de
Jésus prises en note de son vivant. Mais ce texte comprend aussi des
textes qui ont certainement une autre origine philosophique et théologique
que celle du Christ (des textes gnostiques, qui sont bien moins intéressants
et certainement pas originaux).
D'autres textes nous permettent de connaître l'évangile, comme
les Actes des apôtres et les lettres de Paul. On n'appelle pas ces textes
des évangiles car on réserve ce terme aux livres qui sont présentés
sous la forme d'une vie de Jésus.
Foi
Aujourd'hui, on pense que la foi c'est le sentiment de la présence
de Dieu, l'expérience religieuse.
Quand la Bible parle de foi, c'est autre chose que
cela.
Le mot "foi" dans la Bible évoque la
confiance, la fidélité, la solidité.
Et ainsi, même quand on ne sent pas particulièrement la présence
de Dieu (ce qui arrive à tout le monde), on a quand même la foi
si on reste tourné vers Dieu, si on garde confiance en lui, si on continue
à le chercher, à le célébrer, à attendre
sa bénédiction.
Le fait que Dieu soit parfois comme absent est aussi une grâce, comme
quand des parents s'effacent un peu pour laisser plus d'autonomie à
leur enfant adolescent. Souvent dans les évangiles, Jésus raconte
une parabole où Dieu est comme un maître qui s'absente pour quelque
temps*.
Les personnes fidèles continuent à vivre selon la Parole du
maître, et attendent son retour. C'est cela la foi.
La foi n'est ainsi pas un sentiment, c'est d'abord un choix que l'on fait,
un choix de vie, une orientation.
Parfois on pense aussi qu'avoir la foi c'est penser ce qu'il faut, connaître
et croire telle ou telle doctrine. C'est vrai que la théologie
et ce que l'on pense a une certaine importance, mais la foi c'est plus profond
que la simple croyance. La foi c'est être tourné vers Dieu.
Au
moment où Jésus est exécuté sur la croix, il se
sent abandonné de Dieu, il ne ressent plus la présence de Dieu
à ses côtés. Que fait-il ? Il crie sa révolte contre
Dieu, disant "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu
abandonné ?"*
Bien entendu, Jésus n'a alors pas perdu la foi, puisqu'il reste fidèle
à Dieu en s'adressant à lui. Avec du recul, il est facile de
dire que Dieu ne l'avait pas abandonné, Dieu n'abandonne pas ses enfants.
Jésus fait ainsi un reproche injustifié à Dieu, mais
qu'importe, il reste en relation à Dieu. Nous comprenons facilement
l'angoisse dans laquelle l'homme Jésus se trouve, le sentiment d'injustice
et d'abandon. Et donc nous excusons facilement Jésus d'avoir ce cri
de révolte contre Dieu. Et Dieu le comprend encore mieux que nous-mêmes.
Avoir la foi, c'est cela : se tourner vers Dieu, et rester tourné
vers lui.
La foi a des conséquences dans le domaine des actes et de la pensée.
Quand Jésus résume l'essentiel de ce qu'il nous propose de vivre,
il dit :
Voici le premier commandement : écoute, Israël,
le Seigneur notre Dieu, est l'unique Seigneur : Tu aimeras le Seigneur, ton
Dieu... et tu aimeras ton prochain comme toi-même.
(Marc 12 :29-31)
-> écouter Dieu, c'est la foi. écouter : c'est une attitude,
un choix.
-> Aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même, sont déjà
des conséquences de la foi, des conséquences dans le domaine
des actes (la morale), dans le domaine de la pensée
(la théologie) + dans le domaine religieux (la
prière).
Grâce
Quand un roi pardonne à un de ses sujets, on dit qu'il lui fait grâce,
Quand quelqu'un est charmant bien qu'il ne soit pas d'une beauté extraordinaire,
on dit qu'il a de la grâce, ou du charme... Bref, la grâce, c'est
une sorte de bienveillance qui est une faveur, comme un cadeau immérité.
L'évangile
commence sous le signe de la grâce avec la personne de Jean-Baptise,
qui annonce le pardon de Dieu. D'ailleurs le nom même "Jean"
annonce la grâce de Dieu parce que "Jean" en hébreu
se dit "Yohanan" = "l'Éternel fait grâce".
Quand on parle de la grâce de Dieu cela veut dire que le salut
n'est pas à acheter, mais offert gracieusement par Dieu, parce qu'il
a choisi de nous donner la vie, parce que nous avons du prix à ses
yeux et qu'il nous aime.
On a parfois dit que Jésus nous sauve parce que sur la croix il a
payé pour nos fautes, et que cela était nécessaire pour
que Dieu puisse nous pardonner. Cette façon de comprendre le salut
n'est pas la seule possible. La grâce de Dieu c'est au contraire l'affirmation
que son amour n'a pas besoin d'être acheté, ni par la torture
du coupable, et encore moins par la peine d'un innocent. Dieu fait grâce
de nos fautes par amour. La mort du Christ sur la croix est le signe de cette
grâce et de cet amour de Dieu, elle ne l'achète pas !
Un des versest les plus connus des évangiles le montre bien :
Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son
Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne meure pas,
mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3 :16)
Dans ce verset, nous avons bien l'annonce de la grâce : "Dieu
aime infiniment le monde". Cela est posé en premier, sans cause,
sans prix d'achat, alors que nous sommes encore pécheurs, parce que
nous sommes en train de mourrir de nos fautes et que Dieu veut nous sauver.
La conséquence de cette grâce, c'est le Christ, sa vie, ses
paroles et même sa mort qui est encore de l'amour.
La grâce de Dieu appelle notre foi "croire
en lui", croire en Christ puis, par lui, croire en ce Dieu de la grâce
et recevoir la vie.
Jésus
Jésus est le nom d'un homme qui est né vers l'an -6 de notre
ère, qui a vécu ensuite dans la ville de Nazareth au Moyen Orient,
et qui est mort exécuté par les romains vers l'an 33.
L'existence de cet homme est connue par les évangiles,
qui soutiennent qu'il est l'homme le plus important pour l'avenir de l'humanité
(le Christ). Jésus est connu aussi par des témoignages de ses
opposants, comme les rabbis juifs*
du Talmud (qui disent qu'il était un sorcier et un semeur de désordre)
et par quelques allusions dans des textes romains*.
Ce nom "Jésus" était assez courrant à l'époque,
puisque c'est le nom du successeur de Moïse. Mais ce nom convient particulièrement
bien à cet homme puisque "Jésus" signifie littéralement
"le salut de l'éternel",
le salut du Dieu qui s'est révélé
à Moïse (Matthieu 1:21).
Selon
ces témoignages, on peut donc esquisser rapidement les points certains
de sa vie ainsi :
- Jésus a d'abord eu une vie de charpentier. Il était juif,
raisonnablement pratiquant (connaissant bien la Bible, fréquentant
la synagogue, allant à Jérusalem pour la Pâque) mais
pas très strict dans cette pratique religieuse.
- Il a côtoyé un homme qui prêchait la conversion pour
le pardon des fautes, Jean-Baptiste, puis Jésus a pris son autonomie
par rapport à lui.
- Il a alors eu une vie publique comme Rabbi, maître itinérant,
proposant son interprétation de la Bible, racontant de courtes histoires
édifiantes (paraboles), critiquant les autorités religieuses
en place.
- Des guérisons miraculeuses ont été observées,
ses amis disant qu'elles prouvaient qu'il était envoyé de
Dieu, ses opposants disant au contraire que c'est pour tromper les gens
qu'il faisait ces guérisons.
- Il a finalement été exécuté, pendu sur une
croix selon une méthode de torture courante à l'époque.
Ses disciples, assez nombreux, l'ont abandonné lors de son arrestation
et de son exécution.
Mais les évangiles nous disent bien d'autres choses sur sa vie. Tous
les événements racontés le sont afin de nous aider à
comprendre comment Jésus est le Christ, et que nous vivions ainsi comme
des enfants de Dieu par lui (Jean 20 :30-31).
La
vérité de ces récits est ainsi avant tout théologique,
mais elle est également souvent historique, ou sur une base historique
qui sert à annoncer un des points forts du messages de Jésus-Christ.
Par exemple, chaque chrétien est libre de penser que Jésus
aurait ou n'aurait pas marché sur de l'eau profonde, au sens physique
(Matthieu 14 :25). Mais tous les chrétiens s'accordent à dire
que cet épisode nous annonce que par la foi, et avec l'aide du Christ,
chacun peutavancer dans la vie sans être submergé par les difficultés
...
À
Nazareth, on l'appelait "Jésus fils de Joseph"*,
ou "le fils du charpentier"*.
Quand il a commencé à être connu dans d'autres régions
d'Israël on l'a appelé "Jésus de Nazareth"*.
Et c'est seulement plus tard, dans l'église chrétienne qu'on
l'appellera Jésus-Christ*.
Christ n'est pas le nom de famille de Jésus,
c'est sa fonction, comme on dit "le Général de Gaulle"
ou "le Roi Dagobert".
L'appeler Jésus-Christ c'est dire : "je
crois que cet homme, Jésus, est le Christ, l'envoyé de Dieu
pour participer d'une façon décisive au salut de l'humanité
tout entière".
Jugement
On a pu avoir peur du jugement de Dieu. On a fait peur aux gens avec cela
pour le but (louable ?) de les amener à se tourner vers Dieu.
Pourtant,
si l'on en croit Jésus-Christ, Dieu regarde avec bienveillance l'être
humain. Il n'y a donc rien à craindre de son jugement, parce que le
jugement de Dieu c'est l'amour.
Qu'est-ce que c'est qu'aimer ? C'est avoir un regard positif sur l'autre
et lui vouloir du bien. C'est une façon de regarder qui retient ce
qu'il y a de beau, de merveilleux et de vivant dans une personne, en passant
par dessus ce qui ne va pas trop bien. Aimer quelqu'un c'est voir aussi les
progrès qu'elle peut faire et être prêt à l'aider
pour cela.
Une telle attitude est courante entre les personnes. Dieu est le premier
à aimer.
Le jugement de Dieu est de la bienveillance active, qui voit le bien, qui
espère et cherche à susciter le meilleur dans tout être.
On a souvent présenté le jugement de Dieu comme une sélection
entre les personnes pour retenir ceux qui ont la moyenne et recaller les autres,
un petit peu comme le SS qui était chargé de la sélection
à l'entrée des camps d'extermination ! Certains textes bibliques
peuvent être interprétés ainsi, mais ce n'est pas la seule
façon de les comprendre. Le bien et le mal sont mêlés
en chacun de nous. Le jugement de Dieu voit, aime ce qui est bon en chacun
et il le sauve, il rejette ce qui est mauvais et il nous en purifie. Ce tri
entre l'homme bon et l'homme mauvais traverse aussi nécessairement
tout être humain.
D'ailleurs les images utilisées dans la Bible pour parler du jugement
de Dieu font en général appel à cette notion de purification
(de l'individu), plus qu'à la notion de sélection des individus
(rappelant la sinistre idée de purification ethnique de certains tyrans):
- Le jugement est parfois comparé à un pressoir dans lequel
on met les grappes pour recueillir le jus en écartant ce qui n'est
plus utile (la peau et les branches du raisin).
- Le jugement de Dieu est parfois comparé au feu qui purifie le minerai
pour en tirer l'or et rejeter les scories
- Le jugement est comparé au vannage du blé pour retirer la
paille qui a porté le grain mais qui n'est pas comestible
- ou à l'élagage d'un arbre qui lui permet de mieux pousser...
Il n'y a rien à craindre du jugement de Dieu, au contraire, il y a
tout à en espérer. Il est promesse de vie. (voir Justification
et Grâce)
Cela nous est proposé aussi comme modèle dans notre façon
de regarder les autres (et nous-même) avec bienveillance et optimisme.
Justice - Justification
Le mot de justice fait un peu peur, il fait penser à un tribunal,
avec des accusations, des juges, des policiers, et la prison qui n'est pas
bien loin. Effectivement, nous ne sommes pas parfaits et donc nous ne nous
sentons jamais tout à fait à la hauteur de l'idéal que
nous aimons dans l'évangile. Nous avons longtemps eu peur du jugement
de Dieu.
Mais le message de Jésus-Christ s'appelle évangile (= "Bonne
Nouvelle") et non pas Grand Avertissement. Et ce nom de Bonne Nouvelle
est en rapport avec la justice de Dieu.
La justice de Dieu :
- Ce n'est pas une justice qui nous condamne pour nos fautes,
- Mais c'est une justice qui justifie = qui nous rend justes, qui nous purifie,
nous rend meilleurs.
La justice de Dieu se traduit par notre "justification" et non
par notre condamnation. Parce que Dieu nous trouve sympathiques. Et comme
il n'aime pas l'injustice, il nous aide à la faire reculer en nous.
Paul dira ainsi que "c'est par grâce
que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi"
(éphésiens 2 :8).
Liberté
La liberté est annoncée dans l'évangile comme une réalité
qui ne va pas de soi.
"La vérité vous
rendra libre" (Jean 8 :32) dit Jésus, c'est bien que nous
sommes enchaînés d'une certaine manière, et que l'objectif
de Dieu est de nous libérer. C'est d'ailleurs un message central dans
la Bible : l'être humain a besoin d'être libéré
par Dieu, comme le peuple hébreu a été libéré
d'égypte.
On
peut se demander effectivement dans quelle mesure nous tenons en main les
commandes de notre propre vie. Une bonne partie de ces chaînes étant
probablement en nous-mêmes. Le salut de Dieu est un acte de création
qui nous libère progressivement.
Une question majeure en théologie est discutée depuis 2000
ans : est-ce que l'homme est libre vis-à-vis de Dieu, est-ce que l'homme
participe à son salut ou bien tout vient-il de Dieu ?
L'être humain n'a effectivement pas le choix d'être aimé
par Dieu, c'est comme ça, comme le rappelle le baptême des bébés.
Et ce n'est pas très étonnant puisque l'enfant qui a la chance
d'être aimé par des parents n'a également aucun mérite
à cela (il est souvent aimé avant même d'être conçu).
Cette grâce de Dieu rend possible, et appelle l'amour de l'homme pour
son Dieu. Mais cet amour de l'homme n'est pas obligatoire, il n'a de sens
que s'il est libre. Où serait le respect de la personne humaine si
elle n'avait pas son mot à dire ?
La possibilité d'avoir la foi est un don de Dieu (une grâce).
La foi, elle, est un choix de la personne individuelle.
C'est le sens même des appels à se tourner vers Dieu que l'on
trouve partout dans la Bible.
Dieu peut aimer l'être humain malgré lui, cela est en soi une
garantie de vie. Mais c'est dans la mesure où nous nous confions dans
les mains de Dieu qu'il peut nous donner d'être un peu plus ce qu'il
veut pour nous.
Mal & Souffrance
Toute philosophie et toute théologie se pose la question de l'existence
du mal (et du bien). La Bible rend compte de plusieurs
réponses différentes à cette question douloureuse. Nous
pouvons passer très brièvement en revue 5 de ces réponses,
en cherchant les avantages et les limites de chacune.
a) "Cette question nous dépasse."
C'est une façon
d'éluder la question, de renoncer à y apporter une réponse
satisfaisante.
- Dans la Bible : Le livre de Job conclut sur
cette réponse (Job 42).
- Avantage : c'est vrai que notre point de vue
est toujours partiel et limité. En dernier recours, l'humilité
et la confiance en Dieu est une bonne attitude, car nous ne sommes pas Dieu.
- Limite : Cette théologie n'invite pas
tellement à agir contre la souffrance. Mais surtout, Dieu ne nous
demande pas de renoncer à l'intelligence pour avoir la foi ! Au contraire.
Quand Jésus cherche vraiment à faire réfléchir
les personnes qui l'écouent, tous, même les personnes les plus
simples (...voir confession de foi)
b) Dieu serait tout puissant, et il crée la souffrance
pour notre bien.
La
souffrance est alors comparée à un médicament amer, un
avertissement, un exercice ou une épreuve. La souffrance serait donc
en réalité un bien.
- Dans la Bible : Psaume 32 :10, ésaïe
48 :10.
- Avantage : cette solution est simple et claire.
- Limite : Cette théologie invite à
accepter la souffrance comme venant de Dieu, plutôt que de lutter
contre. C'est cette théologie qui a fait douter de l'existence de
Dieu ou se sa bonté. Car, effectivement, si Dieu était à
la fois tout puissant et amour, il autre chose que la torture pour nous
éduquer ! Face à la leucémie d'un enfant ou à
un accident stupide, cette théologie de la "toute puissance
de Dieu" est vraiment épouvantable à entendre.(... voir
Providence et Dieu)
c) Dieu laisserait la liberté à l'homme, c'est
lui qui a tout gâché.
Dieu aurait tout créé parfaitement à l'origine, puis
il aurait restreint sa toute puissance pour laisser à l'homme la liberté
de faire le bien comme le mal.
- Dans la Bible : Genèse 3 (Adam &
Ève), et les textes où Dieu s'absente (par exemple la parabole
des talents en Matthieu 25).
- Avantage : C'est vrai que le mal que nous faisons
a pour conséquence des souffrances importantes et du gâchis.
- Limite : Cette explication est parfois trop
culpabilisante, quand elle nous rend responsables, sans que l'on sache comment,
d'un cyclone ou une météorite qui a tout ravagé. Et
puis la souffrance injuste du bébé gazelle croqué par
un lion existait avant que l'homme puisse en être responsable. Enfin,
dans cette théologie, Dieu nest pas complètement innocent,
il est au moins coupable de non-assistance. N'aurait-il pas pu imposer des
bornes pour éviter Auschwitz?

d) Dieu affronterait un ennemi actif.
Cette
théologie est bien plus ancienne que la Bible. Il y aurait un Dieu
bon, et il y aurait une autre personne transcendante qui ferait le mal. Certaines
théologies chrétiennes ont repris cette théologie avec
une puissance du mal personnifiée (appelé parfois diable ou
satan, ou un ange qui a trahi Dieu).
- Dans la Bible : Apoc 2 :13, Job 1, 2 Pier 2
:4.
- Avantage : cette solution est ancienne et simple.
- Limite : les passages de la Bible où
l'on peut trouver cette idée sont très rares, et on peut les
comprendre autrement. L'idée majeure de la Bible c'est qu'il y a
un seul Dieu, une seule personne transcendante dans l'univers et qu'elle
crée le bien. De plus, on remarque que quand une catastrophe frappe,
elle frappe tout le monde, au hasard. S'il y avait un diable derrière,
il frapperait surtout les êtres bons.(...voir Diable)
e) Dieu serait encore en train de poursuivre son uvre
de création.
Dieu serait puissant, mais il ne pourrait pas tout faire en une seconde,
il crée dans la durée. Dieu nest la cause que du bien,
mais il y a encore du chaos dans ce monde que Dieu est en train d'organiser
progressivement. Par amour, Dieu crée l'homme dans ce chantier en cours,
et il l'appelle à participer à cette uvre et à
se développer lui-même.
- Dans la Bible : tous les passages qui disent
que le Royaume de Dieu vient, qu'il est à attendre, à préparer.
Et dans le Notre Père (Mat. 6) "que ta volonté
soit faite..." + 1 Cor 15 :28, Rom 8 :22.
- Avantage : Cette théologie refuse l'idée
d'un Dieu qui tire toutes les ficelles, et annonce un Dieu qui est uniquement
Amour et Vie. Dieu est totalement innocent de toute souffrance, que ce soit
comme acteur de cette souffrance, ou même comme laissant faire. Notre
révolte contre la souffrance est donc bonne puisque Dieu est le premier
à être révolté par elle. Cette théologie
mobilise pour lutter contre toute souffrance avec Dieu.
- Limite : Comme dans la théologie précédente,
Dieu ne serait ainsi actuellement pas tout puissant. Cela peut gêner
certaines personnes. Pourtant dans la Bible l'idée de "toute
puissance" de Dieu est en réalité extrêmement rare
et contestée.

Bilan de ces 5 propositions
Après Auschwitz, les théologies qui envisagent un Dieu tout
puissant sont de plus en plus rarement soutenues. On insiste par contre, sur
Dieu comme accompagnant celui qui souffre, un Dieu qui souffre avec nous.
Personnellement, ma réponse à cette question intègre
3 de ces 5 réponses, et rejette les 2 autres.
- Oui, on ne comprend pas tout et j'ai confiance en Dieu et dans la lumière
qu'il a mis dans le cur de tout homme (réponse -a).
- Oui, l'homme est responsable des autres et du monde, et il est coupable
d'une partie de la souffrance (réponse -c).
- Et je crois que Dieu continue à créer, qu'il nous aide à
transformer la souffrance en vie, il accompagne, il pardonne, il appelle,
il ressuscite (réponse -e).
Bref, Dieu est bon, et il est innocent du mal.
Mariage
Pour
Jésus, le mariage va de soi, il n'en parle pas tellement.
Le mariage est un engagement entre un homme et une femme dans la fidélité,
pour toute la vie. Le mariage chrétien comprend plusieurs dimensions
qui se complètent :
- Il est d'abord un engagement qui se fait dans le
secret des coeurs,
- Il a également une dimension sociale
à la Mairie,
- Et il a enfin une dimension spirituelle
et religieuse, en demandant à Dieu de bénir ces engagements
et la vie qui s'ouvre ainsi.
Au temple, les époux disent plutôt comment ils veulent vivre
leur union. Les engagements parlent donc de vérité, d'attachement,
d'amour et de fidélité. On parle du fond, de la foi et de l'idéal
évangélique qui est partagé par les époux, et
le pasteur dit sur le couple la bénédiction de Dieu, car se
marier dans un temple, c'est aussi affirmer que l'on veut faire cette route
familiale avec la présence de Dieu et l'aide de l'évangile.
Ministère
Le mot ministère est simplement un mot grec qui veut dire "service".
Un ministre c'est un serviteur, c'est-à-dire toute personne selon l'appel
du Christ pour que nous soyons tous au service les uns de sautres.
Selon
l'évangile, la vie de toute personne a un sens, a du prix aux yeux
de Dieu. Et le Christ nous propose d'être serviteurs les uns des autres*.
Il nous dit même que le plus grand n'est pas celui qui fait le chef,
mais celui qui rend service comme le plus petit*.
Notre diversité de personnalité, de qualités, d'expérience
est ainsi une chance. Nous pouvons être complémentaires pour
agir dans le monde. C'est à chacun, éclairé par Dieu,
de trouver sa place dans le service commun, de reconnaître les personnes
à qui l'on peut apporter un peu quelque chose.
Paul compare l'humanité à un corps dont chacun de nous serait
une main, un doigt de pied, un oeil... et dont Christ serait la tête*.
Unis par le Christ, notre diversité est alors féconde. Il coordonne
nos services (nos ministères, si l'on veut s'amuser à jargonner
en utilisant de jolis mots grecs).
Miracle
Les
miracles que raconte la Bible sont plutôt un obstacle à la foi.
Comment est-ce que Moïse aurait pu écarter la mer, comment Jésus
aurait-il pu marcher sur l'eau, guérir un aveugle et ressusciter un
enfant mort ?
Parmi les chrétiens, il y a des personnes qui pensent qu'il y a bien
eu un événement physique extraordinaire, d'autres chrétiens
pensent qu'il faut prendre ces récits de miracles au sens figuré.
Ces 2 positions sont respectables :
- Il n'est pas idiot de penser que Dieu fait des miracles, puisque l'apparition
de la vie dans l'univers matériel est certainement un miracle qui
a eu lieu. Il y a 15 ou 20 milliards d'années, rien ne permettait
de prévoir l'apparition d'êtres capables de penser et d'aimer,
cette apparition est un événement qui va à l'encontre
de tout ce qui existait avant, c'est une merveille. Cette évolution
montre que Dieu fait réellement des choses prodigieuses, mais cela
ne veut pas dire qu'il fait n'importe quoi quand même.
- Il n'est pas idiot non plus de penser, par exemple, que Jésus
n'a pas marché sur l'eau au sens matériel du terme, mais que
ce récit est à prendre au figuré (il arrive par la
foi à avancer malgré l'adversité, sans couler à
pic). Lire ainsi ce récit de miracle n'est pas un manque de respect
par rapport à la Bible, c'est juste une question d'interprétation.
En effet, quand on lit dans la Bible que " l'Éternel est ma
lumière " , on comprend bien que c'est une façon de parler
et que même avec la présence de Dieu on a quand même
besoin d'allumer des lampes dans sa maison le soir...
Finalement, pour lire un de ces récits de miracle, la question de
savoir ce qui s'est passé matériellement est une question d'opinion
personnelle, et cette question est relativement secondaire.
Ce qui est important c'est de chercher, dans tous les cas, ce que veut dire
pour nous ce récit, quel miracle Dieu veut accomplir dans notre vie.
Et dans cette recherche nous sommes tous d'accord.
Même si Jésus a matériellement marché sur l'eau,
il ne l'a pas fait pour faire le malin, mais pour dire quelque chose de vraiment
essentiel à ses disciples. Son acte est alors encore de la théologie,
et c'est ce message théologique que tous les chrétiens trouvent
fondamental.
Des
miracles, Dieu en fait tous les jours dans notre vie, et tous ces miracles
qui sont racontés dans les évangiles peuvent encore se produire
dans notre vie. Comme le montre le Christ, Dieu peut ouvrir nos yeux (sur
la vérité), il peut guérir nos jambes paralysées
(nous permettre d'avancer dans notre vie), il peut même nous ressusciter
(faire naître en nous une vie nouvelle, si profonde qu'elle est éternelle)...
Et pour nous, après la création de l'univers le miracle le
plus sensationnel c'est le Christ. En lui et par lui, Dieu fait entrer le
monde dans une ère nouvelle.
Paradis, Royaume de Dieu
Le
paradis évoque la vie dans l'au-delà, la vie après la
mort. Le mot "paradis" vient d'un mot persan qui signifie un jardin,
le jardin des délices...
Le Paradis, c'est le Royaume de Dieu.
Mais dans l'évangile, le Royaume de Dieu, c'est pour tout de suite.
Et Jésus en parle au présent :
- "Le Royaume des cieux est à eux
(est maintenant à eux)" promet-il à ceux qui sont "pauvres
en Esprit" (ceux qui mendient à Dieu pour qu'il leur
donne l'Esprit). Matthieu 5
- Quand les disciples demandent "Où est le Royaume de Dieu
?"
Jésus répond : "Le Royaume de Dieu ne vient pas de manière
à frapper les regards. On ne dira pas : Il est ici, ou : Il est là.
Car voici, le Royaume de Dieu est au-dedans de vous"
(ou "au milieu de vous") Luc 17 :21
On a parfois trompé les gens en leur promettant le paradis dans l'au-delà,
à condition qu'ils acceptent de faire certaines choses maintenant.
Le pire c'est que ça marche encore, ce vieux truc (et ça fait
la fortune des sectes).
L'évangile ne joue pas ce jeu-là. Le Christ nous offre de recevoir
maintenant le Royaume de Dieu, d'avoir la vie éternelle
que Dieu veut pour nous dès cette vie présente. On ne peut pas
tromper les gens là-dessus, parce que l'on voit rapidement si c'est
vrai ou non.
En Christ, nous sommes déjà dans le Paradis, partiellement
mais réellement. Nous sommes encore dans ce monde, mais, par l'Esprit
de Dieu, nous sommes déjà dans une dimension qui transforme
ce monde et qui ouvre une perspective qui dépasse ce monde.
Pardon
Bien entendu, le pardon est une chose formidable, mais je résiste
au désir de dire " qu'il faut pardonner ". En effet, supposez
que des personnes dont l'enfant a été massacré par un
fou lisent ce " il faut pardonner ", quel effet ces 3 petits mots
feront sur cette famille ? Cela risque d'ajouter encore la culpabilité
au poids de souffrance qu'ils ont à porter, parce qu'il est probable
qu'ils auront bien du mal à " pardonner " au criminel.
Ce que je vous propose c'est de dire plutôt : "Il est bon de
pardonner". En effet, ça fait un bien fou de pardonner, c'est
comme déposer une lourde charge de tristesse, de colère, d'amertume,
tout un paquet de choses négatives que l'on trimbalait avant dans sa
vie.
Il
est bon de pardonner, mais ce n'est pas facile de se forcer, et parfois, c'est
au-delà de nos forces. Ce qu'on peut faire alors, c'est demander à
Dieu de nous aider à pardonner, de nous donner cette grâce comme
un cadeau, comme une guérison d'une maladie qui nous empoisonne la
vie.
C'est comme cela que je comprends cette demande de la prière que
Jésus nous a apprise : "Notre Père...
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont
offensé*".
- Je demande ainsi à Dieu de me pardonner, parce que j'ai été
loin d'être parfait,
- Et je demande à Dieu de me donner la force de pardonner à
ceux qui m'ont blessé, parce que cela aussi est bien difficile pour
moi.
- Il y a encore une chose où j'ai bien besoin de l'aide de Dieu,
c'est pour me pardonner à moi-même d'avoir été
si mauvais.
Le pardon libère celui qui a été blessé par
un autre. Le pardon peut libérer aussi un avenir meilleur à
celui qui a blessé quelqu'un (s'il apprend qu'on ne lui "en veut"
pas), et nous pourrons même parfois avoir ensuite de bonnes relations
ensemble.
Le pardon concerne ainsi plutôt l'avenir. Pour ce qui est du passé,
c'est une bonne idée d'essayer de réparer nos fautes quand c'est
possible. Et c'est bien de laisser à celui qui nous a fait du mal une
chance de rattraper sa faute, au moins par un geste symbolique qu'il fera
pour nous.
En
tout cas, Dieu, lui, nous pardonne. C'est ce qu'affirme la Bible, et c'est
que peut ressentir le croyant par la prière. Dieu ne tient pas sans
cesse la liste de tout ce que nous faisons de mal, il a un regard plus positif
que cela sur nous. La preuve, c'est la façon dont se comporte le Christ
dans sa vie vis-à-vis de personnes qui ne sont pas pire que nous. Quand
il relève la femme adultère , raconte la parabole de la brebis
perdue , parle au brigand crucifié à côté de lui
et prie pour les soldats romains qui sont en train de le crucifier, Jésus
nous montre cet amour de Dieu pour nous, alors que nous
sommes encore pécheurs, nous offrant ainsi la certitude du pardon de
Dieu.
À sa suite, nous avons parfois l'occasion d'aider quelqu'un à
avancer sur le chemin du pardon, en aidant des personnes que nous connaissons
à se réconcilier un peu. Quand cela arrive, on est alors vraiment
content d'avoir pu y participer.
Parole de Dieu
Quand le livre de la Genèse nous parle de la création du monde,
il raconte que :
"Dieu dit : 'que la lumière soit' et la lumière
fut."*
Il n'y avait alors aucune oreille pour entendre cette Parole de Dieu qui
crée la lumière, bien entendu, puisque c'est alors la première
chose que Dieu crée.
La Parole de Dieu c'est ainsi un acte de création, et pas nécessairement
quelque chose que l'on entend par ses oreilles. On peut même dire que
chaque fois que quelque chose devient vivant, ou progresse véritablement,
il y a eu un acte de Dieu, une Parole de Dieu*.
Pourquoi est-ce que l'on a appelé alors "Parole" ce qui
est un acte de Dieu ?
1) Parce que cela dit comment est-ce que Dieu agit.
- Quand un maçon monte un mur, les briques n'on pas tellement leur
mot à dire, elles sont manipulées et on ne leur demande
pas de comprendre.
Mais
Dieu crée le monde en parlant, en dialoguant. C'est-à-dire
qu'il cherche plus à persuader qu'à contraindre. On a envie
de dire qu'il choisit la difficulté, c'est vrai. Il a bien du mal
à se faire comprendre et accepter par l'humanité qui n'écoute
pas souvent, ne comprend pas tellement, oublie, provoque, fait le contraire
par plaisir...
2) Et puis, comme la parole peut avoir du sens, les actes de Dieu ont du
sens. Ses actes montrent qui est Dieu. Par exemple quand Dieu crée
la vie, on apprend que Dieu est "le vivant". Quand Dieu sauve,
on apprend qu'il aime, quand Dieu parle, on apprend à la fois à
écouter et à parler...
Parfois on entend dire que la Bible est la Parole de Dieu, c'est un peu vite
dit. Ce serait extrêmement réducteur. La Bible elle-même
nous dit que Dieu est Parole et que le Christ est la Parole faite chair. La
Parole c'est ainsi une personne vivante, pas un objet matériel en papier
avec de l'encre dessus.
Mais la Bible n'est pas sans rapport avec la Parole
de Dieu quand même. C'est par la Bible que nous la recevons parfois.
Quand nous lisons ces textes dans un esprit de prière, il arrive souvent
que nous recevions de grandir dans la foi, c'est-à-dire que nous pouvons
recevoir une Parole de Dieu.
Mais nous pouvons aussi recevoir une Parole de Dieu dans la prière,
ou d'une personne que nous rencontrons, cette personne a été
alors pour nous un ange, peut-être sans le savoir.
Parousie - Retour du Christ - Fin du monde - Eschatologie
J'ai mis cet article pour mon père qui aime bien le mot de Parousie.
C'est par ce mot savant (et grec) que l'on désigne le retour du Christ
à la fin du monde. Des chrétiens de la première génération
croyait que cela devait arriver très prochainement. Certains ont arrêté
ainsi de travailler, de se marier et d'avoir des enfants (voir dans la Bible
le livre des Actes des apôtres et les plus anciennes des lettres de
Paul). L'attente des disciples se modifiera progressivement, comprenant que
la fin du monde et le retour du Christ sont à attendre autrement.
Le retour du Christ est à attendre dans
notre être, dans notre communauté humaine, et cela se réalise
par notre conversion. En effet, e Christ n'est pas absent, mais vivant et
présent à nos côtés tous les jours*.
Par la communion avec le Christ, par l'Esprit de Dieu, on peut dire que le
Christ habite en nous, et que collectivement, nous sommes un corps dont le
Christ est la tête.
L'attente de la fin du monde (ou pour ceux qui
veulent parler en franco-grec = l'eschatologie)
est cette espérance qu'en définitive, le mal, la souffrance
et la haine ne l'emporteront pas, mais que Dieu aura la victoire, que le bonheur
et la vie auront le dessus*.
Le Royaume de Dieu est ainsi à la fois déjà
partiellement là, nous pouvons le voir, mais son accomplissement est
encore à attendre et à construire. Nous sommes de même
déjà à la fin des temps et cela a des chances de durer
encore...
Pasteur
Pasteur veut dire berger en vieux français. Selon une image très
courante dans la Bible, le Bon Berger c'est le Christ, ou c'est Dieu (voir
Jean 10, Psaume 23). Cela veut dire que Dieu a pour chaque être humain
l'attention, l'affection même, que le berger a pour un agneau. Il le
guide là où il y a un pâturage et de l'eau, il le met
à l'abri la nuit dans une bergerie pour qu'il ne soit ni dévoré
par le loup ni volé par un brigand, il le soigne quand il est blessé
et le recherche quand il est perdu et porte quand il est fatigué...
La théologie chrétienne au cours des premiers siècles
a même largement représenté le Christ comme un berger.
Cela était pour eux le meilleur résumé possible
de son rôle et de l'évangile (voir le dossier des premiers
symboles
chrétiens sur ce sujet).
Quand on a dit cela, on ne peut plus dire que l'homme ou la femme qui est
"pasteur" d'une paroisse est LE Berger. Mais sans doute doit-il,
à sa mesure, essayer d'avoir la même attention afin qu'ensemble
nous puissions faire un pas vers le Royaume de Dieu.
Le
pasteur n'est pas un prêtre, parce que le pasteur n'est pas un intermédiaire
entre Dieu et la personne. Le rôle du pasteur est plutôt d'aider
à ce que chacun puisse progresser dans sa relation personnelle avec
Dieu.
- Il est surtout un théologien et un spécialiste de la Bible.
Il aide et stimule la recherche de chacun.
- Il n'a aucun pouvoir particulier ni pour accorder le pardon (chacun est
responsable devant Dieu et Dieu seul, et nous pouvons tous annoncer le pardon
de Dieu) ni pour célébrer les sacrements (communion,
baptême). Tout ce qu'un pasteur fait un laïc peut le faire (s'il
en est chargé par les délégués des personnes
de l'église) : le culte, les bénédictions de mariage,
les obsèques, les baptêmes, le catéchisme, le ménage
du temple...
- Le pasteur est généralement marié.
Péché
Les péchés, ce sont toutes les fautes
que nous commettons, par les quelles nous faisons du mal ou que nous ne faisons
pas le bien que nous sommes appelé à faire. Le contraire de
pécher, c'est faire le bien.
Le péché, au singulier, c'es tle
fait d'être coupé de Dieu. Lui, Dieu, n'est jamais coupé
de nous. C'est nous qui sommes plus ou moins coupés de lui, quand on
le rejette, quand on l'oublie. Le contraire du péché, c'est
la foi.
Comme le dit Paul, nous sommes tous pécheurs. Dans un sens, il y
a là une bonne nouvelle: cela fait de nous tous des frères et
soeurs. Nous sommes tous au bénéfice du pardon de Dieu:
- Nous sommes tous pécheurs parce que nous faisons des erreurs (et
parfois des horreurs). Nous avons besoin de grandir et d'être libérés
de nos faiblesses.
- Mais aussi parce qu'il n'est pas possible de vivre en ce monde sans se
salir les mains. Souvent, l'alternative qui nous est imposée ne nous
laisse que des solutions dont aucune n'est parfaitement bonne, nous obligeant
matériellement à faire le mal, même si nous cherchons
à en faire le moins possible.
Pas de panique, nous dit l'évangile, Dieu comprend, il aime, il pardonne.
La question n'est donc pas là, Dieu n'est pas fâché contre
nous quand nous avons fait du mal. Mais le problème, c'est précisément
ce mal que nous avons fait. Car le mal, c'est de la souffrance, ou du bonheur
qui ne sera |