Merci pour ces mots très encourageants.
Et merci pour votre remarque, c'est assez essentiel, vous avez
raison, et je dois absolument ajouter un mot là-dessus dans ce petit
dictionnaire, en effet.
C'est essentiel car il est question du salut, que cela influe
considérablement sur le regard que nous pouvons avoir sur nous-mêmes
et sur les autres. C'est essentiel aussi car la question que vous posez concerne
en réalité bien des passages de la Bible.
Quand un texte parle de l'homme sauvé (comme ici, ou
quand il est question du "juste"), ou de l'homme perdu (ou du "méchant"),
il s'agit de catégories théoriques, car personne n'est 100%
juste ou 100% pur méchant.
Dans le passage que vous citez, quel est cet homme dont l'on
pourrait dire en vérité qu'il confesse que Jésus-Christ
est le Seigneur? De temps en temps, nous sommes cet homme-là, mais
quelques minutes plus tard, pensant à autre chose, ou quand je suis
emporté par la colère, ou la peur de l'autre, ou orienté
vers autre chose... je suis au contraire quelqu'un qui rejette ou qui crucifie
la présence du Christ dans ma propre existence, voire dans le monde
par un contre témoignage efficace.
Telle autre personne, athée par la pensée mais
avec une certaine générosité de cur, peut avoir
de temps en temps un geste d'amour vrai qui manifeste cette vie humaine véritable
qu'est Jésus-Christ.
C'est ce que l'on voit dans un raccourci intéressant
dans la première lettre de Jean, par exemple, dans les 7 premiers versets
du chapitre 4. Jean nous dit d'abord que la clef est de "se déclarer
publiquement pour Jésus-Christ venu en chair" (v. 2), ensuite,
il nous dit que "quiconque aime est né de Dieu et connaît
Dieu" (v.7). Pour rendre cohérent ces deux éléments
essentiels, il faut considérer qu'un acte d'amour vrai est une déclaration
publique de Jésus-Christ comme venu en chai et en os. Et on est bien
obligé de dire aussi qu'avoir toujours le nom de Jésus dans
la bouche mais sans amour n'est pas ce que Jean appelle se déclarer
publiquement pour Jésus-Christ venu en chair.
La conversion à laquelle nous sommes appelés
concerne donc les différentes dimensions de notre être, pour
aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa force, et
de toute sa pensée. Cette conversion est en cours, bien entendu, et
il ne serait pas mauvais de l'approfondir sans cesse, et de reconnaître
aussi dans son frère ce qui est déjà en lui vraiment
de Dieu. En cherchant bien, cela existe toujours au moins un peu.
Amitiés
pasteur Marc Pernot
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