Le baptême dans l'eau... et le baptême dans
le feu
Jean baptise dans l'eau du Jourdain, et annonce
Jésus qui baptisera dans l'Esprit-Saint et dans le Feu (Matt.3:1-11).
Il y a là deux baptêmes...
Le baptême de Jean dans l'eau.
Le baptême de Jean n'a rien a voir avec
celui que nous pratiquons aujourd'hui sur les petits enfants: celui-ci
signifie l'amour inconditionnel de Dieu qui est le point de départ
de toute vie chrétienne (la grâce), et il n'engage en rien
celui qui le reçoit.
Jean lui, baptisait (c'est à dire "plongeait")
dans l'eau en signe de purification, pour dire le pardon de Dieu à
tous ceux qui voulaient bien confesser leurs péchés (c'est-à-dire
les reconnaître), et se repentir (c'est à dire revenir à
Dieu). Il appelle à venir avec le sentiment de sa finitude et le
regret de sa faute ou de sa faiblesse, et à vouloir changer de
direction dans sa vie, à revenir à ce qui est vraiment essentiel
et source de vie. Ceux qui faisaient cette démarche personnelle
pouvaient alors être considérés comme "purs".
Cela est une première grande et bonne nouvelle:
ce n'est pas celui qui agit parfaitement et sans erreur qui est pur, ce
n'est pas le saint qui s'est accumulé des mérites, ce n'est
pas le champion des bonnes oeuvres, mais c'est celui qui se reconnaît
fini et comme ayant besoin de Dieu.
Le baptême de Jésus.
Et Jean annonce que le Christ nous baptisera dans
l'Esprit Saint et dans le feu. C'est autre chose... Certes Jésus,
comme Jean annoncera le pardon, mais il fera plus que cela, il indiquera
le chemin à suivre.
Le baptême de Jean est une bonne nouvelle,
mais il est statique, il n'envoie pas en avant, il ne dit pas ce que l'on
peut ou doit faire de cette libération, après cette annonce
du pardon. Là est le rôle du Christ.
L'Esprit Saint et le Feu sont dans la Bible deux
façons de désigner la présence de Dieu. l'Esprit
comme source de vie, et le feu comme puissance de lumière, de purification
et de transformation.
Jésus nous plonge dans la présence
vivifiante et créatrice de Dieu. Il nous permet, à partir
de l'état de réceptivité dans lequel nous laisse
le message de Jean, de profiter de la parole de Dieu pour arriver à
une réalité nouvelle.
Nécessité des deux baptêmes.
Mais le baptême de Jésus n'annule
pas le baptême de Jean. Celui-ci est la condition préalable
indispensable à la réception du baptême d'Esprit.
Le rôle de Jean est bien de préparer les chemins du Seigneur.
C'est pourquoi Jésus tient à se faire baptiser par Jean
avant d'entrer en jeu. La repentance et l'annonce du pardon sont les conditions
indispensables à notre transformation et à l'accueil de
la nouvelle création.
Oublier le premier baptême est le risque
d'une théologie des oeuvres et de la loi. Jésus serait alors
celui qui nous donne le chemin à suivre pour arriver à la
pureté, et ce que représente le baptême de Jean est
mis comme but au lieu d'être préalable.
En rester au baptême de Jean est le risque
de se contenter de dire que nous sommes sauvés par grâce
et c'est tout. Dieu sauve, certes, mais après ? Jésus nous
relève, mais pour aller où ?
La Bible ne dit pas seulement que Dieu nous sauve
et nous pardonne, mais elle aide aussi chaque homme à trouver son
chemin ainsi que la façon avec laquelle il va pouvoir utiliser
cette liberté pour recevoir le pouvoir de transformation de Dieu
par Jésus-Christ.
Comme ces deux baptêmes nous donnent le
sens même de la démarche évangélique, nous
devons en fait sans cesse passer par l'un et par l'autre. Sans cesse nous
devons revenir à Dieu en reconnaissant notre finitude et notre
erreur, sans cesse nous avons besoin de nous persuader du pardon de Dieu,
et sans cesse nous avons besoin d'être plongés dans sa présence
qui crée en nous une réalité nouvelle.
Ces deux baptêmes ne sont pas des rites
par lesquels il faudrait passer une fois dans sa vie, il ne suffit pas
de revenir à Dieu et de reconnaître son péché
une seule fois dans sa vie, c'est une démarche que nous devons
faire sans cesse.
Dès le début de l'Évangile, la démarche
de toute vie chrétienne est exposée: en reconnaissant sa
finitude revenir vers le Dieu qui efface alors tous les obstacles entre
lui et nous, puis, en suivant Jésus-Christ, être plongé
en Dieu qui crée en nous une réalité nouvelle, afin
que nous demeurions en Dieu, comme Dieu demeure en nous.(1Jean4:13).
Louis Pernot
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