Par Louis Pernot

Quelques avantages du système des patrouilles.
Une patrouille comporte de 6 à 8 Eclaireurs.
Dans chaque patrouille, tous les âges de 12 à 16 ans doivent être représentés.
Une patrouille a un chef de patrouille. (CP)
Voici les principales responsabilités que l'on peut trouver:
Le conseil de patrouille.
Chaque patrouille doit être une unité autonome.
Activités de patrouille.
La troupe.
La promesse doit être liée au fait d'être Eclaireur.
Rappel permanent de la promesse.
Procédure générale pour accueillir un garçon à la troupe.
La Cérémonie de promesse.
Le meilleur moment de l'année pour faire une promesse.
L'entretien personnel avant la promesse.
Il reste alors à expliquer le sens du texte de la promesse:
Caractéristiques de la loi.
Le bon et le mauvais usage de la Loi.
Loi et promesse.
Le choix de la HP et ses devoirs.
Intéresser la HP.
Former la HP.
Le Conseil de Chefs (CdC).
Le CdC pendant un camp.
Le CdC à proprement parler.
Contacts personnels avec les chefs de patrouille
Féliciter et encourager.
Exhorter.
Faire prendre conscience des erreurs
L'éducation scoute est positive et non répressive.
Le "Culte Eclaireur".
La prière.
Séries de cultes.
Les intérêtes de l'uniforme pour notre pédagogie
Utilisation pratique de l'uniforme.
Uniforme et image de marque.

Les épreuves d'aspirant.
La seconde classe.
La première classe.
Les brevets.
Première fonction des jeux: intéresser.
Seconde fonction des jeux: faire progresser.
Thèmes.
Il y a plusieurs méthodes possibles.
La préparation se fait donc en plusieurs phases.
Rôle des chefs.
Préparer la troupe.
Préparer le camp.
Activités.
La vie quotidienne au camp.
La responsabilité du chef.
Action du chef.
Structure d'accueil: local, paroisse.
Parents.
Relations entre un Eclaireur et ses parents.
Le recrutement des chefs.
L'intérêt de la totémisation et ses dangers.
Ce qu'il faut absolument éviter.
Ce qu'il doit y avoir dans une totémisation
Qui totémiser?
Choix du totem.
Dépapoosifications.
Premier problème: Le chef ne sait pas ce qu'il veut.
Deuxième problème: Le chef qui ne réfléchit pas.
Troisième problème: Le chef veut quelque chose qui n'est pas viable.
Problèmes intervenant bien que le chef sache ce qu'il veut: un bon scoutisme
Pour celui qui veut être chef...

"Quand le système est bien appliqué, on est absolument certain d'aboutir à un succès... On n'y peut rien!"
C'est Baden-Powell qui écrivait ça à la fin de son livre "Eclaireurs" dans le 10ème chapitre adressé aux chefs....
Cependant, dans les années soixante, il semble bien que le scoutisme qui se voulait digne représentant de la méthode de B.P. n'aboutissait que de moins en moins à des succès: désintéressement des garçons de 15 ou 16 ans, motivation de plus en plus faible pour la Promesse, et Loi de plus en plus négligée...
Ceci est un fait, et a amené dans bien des mouvements à de nombreuses réflexions pour trouver une nouvelle forme de scoutisme: changement de la Loi, des tranches d'âge, ou introduction de la mixité etc... Et il faut bien dire que les critiques adressées à l'époque au scoutisme qui se voulait traditionnel étaient la plupart du temps absolument justifiées. Mais en y regardant de plus près, on peut voir que ce n'était alors pas le véritable scoutisme qui était en cause, mais la caricature qu'il était devenu.
Le scoutisme "traditionnel" dans les années soixante (et parfois encore maintenant) était en effet le plus souvent fort éloigné dans le fond de l'idée de Baden-Powell. (Les efforts de justification de "traditionnels" vers 1970 sont à cet égard très éloquents, et n'avaient aucune chance de réhabiliter une forme de pseudo-scoutisme dont il était préférable qu'elle disparaisse).
Ceci est du, peut-être à la coupure qu'a effectuée la guerre dans la pratique du scoutisme, coupure qui s'est alliée à la disparition du fondateur du mouvement scout... Toujours est-il qu'à partir de ce moment, le scoutisme n'a fait, bien souvent, que se répéter lui-même dans la forme, avec un manque de compréhension croissant, pour aboutir finalement à une caricature souvent fort éloignée du véritable esprit du scoutisme, tout en en gardant l'apparence.
Malheureusement, savoir quelle était l'idée de Baden-Powell n'est pas chose facile. Ses livres sont fort intéressants, mais comment savoir ce qu'il faut garder, et ce qu'il faut écarter, comme étant lié à la mentalité de son époque? Le témoignage des "anciens" est souvent encore plus inutilisable, car il n'est pas dit qu'ils aient eux-mêmes bien compris, et ils n'arrivent pas en général à avoir le recul nécessaire pour analyser la méthode objectivement. Ce n'est pas parce que c'était "le bon vieux temps" que les souvenirs du camp de 1923 peuvent nous aider à nous tirer d'affaire avec nos 30 garçons modernes!...
Les anciens qui font exception sont rares, et j'ai eu le chance de me lier d'amitié avec l'un d'entre eux: Jacques Guérin-Desjardins. Ami et collaborateur de Baden-Powell, il connaissait parfaitement sa pensée, à tel point que B.P. lui demandait de lui servir de traducteur lors de ses conférences dans les pays francophones. C'est J.G.D. qui dirigeait les camps école pour chefs de Cappy, et sa longue expérience de chef de troupe, en particulier à l'Union de Paris avec sa troupe de 12 patrouilles (90 Eclaireurs!) divisée en trois sous-troupes lui avait donné un réservoir presque inépuisable de cas concrets, d'exemples, de difficultés surmontées, et d'expériences diverses. Puis il a été commissaire national des E.U. pendant 13 ans jusqu'en 1936.
C'est avec lui que j'ai passé des heures à analyser toutes les questions qui me venaient à l'esprit dans mon action de chef de troupe, et c'est ainsi que j'ai découvert petit à petit ce qu'était le scoutisme de Baden-Powell.
Des doutes obscurcissaient parfois mon esprit, mais ils étaient rapidement balayés lorsque j'appliquais concrètement dans ma troupe ce qu'il m'avait fait découvrir.
Comment ne pas alors prendre confiance en une méthode, quand en l'appliquant, on voit les garçons être de plus en plus enthousiastes, progresser plus vite, se passionner pour leur activité à la troupe, et pour l'idéal, qu'ils aient 12 ou 16 ans...
Bien-sûr, il ne s'agit aucunement de faire faire aux garçons de nos jours ce qu'on leur faisait faire en 1911. Les goûts ne sont plus les mêmes, et les activités qu'ils peuvent faire par ailleurs sont très différentes. Autrefois il suffisait d'emmener des garçons dans une foret le dimanche et de leur faire faire des nuds sur des lacets de soulier pour qu'ils soient contents. Maintenant, il en faut un petit peu plus! (ou tout au moins des choses différentes). Mais il n'empêche que la nature sauvage, la vie de trappeur, et l'aventure les attirent plus que jamais. Et la capacité d'un garçon à se passionner pour un idéal élevé, de vouloir progresser, de développer sa force de caractère est véritablement une donnée de l'espèce humaine...
C'est pour cela que l'éducation scoute est loin d'être dépassée, et tous ceux qui ont eu, comme moi, la chance d'en prendre connaissance et d'essayer de l'appliquer peuvent témoigner du succès formidable qu'elle remporte, et de la puissance de son action, avec tous les garçons, quelque soit leur milieu d'origine.
Le problème dans les années 60, n'était donc pas de changer le système des patrouilles, mais de l'appliquer correctement, il n'était pas non plus tant de changer la Loi, que de la présenter comme il le faut aux garçons &c...
Ces quelques chapitres veulent décrire la méthode scoute de Baden-Powell, telle que j'ai pu la découvrir grâce à J.G.D., et telle que j'ai eu la joie immense, comme d'autres ,de la mettre en pratique. (Tout ce qui est dit concerne donc le scoutisme masculin, et pour ce qui est du scoutisme féminin, il faut bien entendu repenser la méthode en fonction d'un idéal féminin, des goûts et des aspirations des filles, tout en gardant cet esprit de confiance de responsabilité et de service. Mais il ne faut en tout cas pas transposer simplement la méthode telle quelle...)
Ce qui suit ne cherche donc nullement à convaincre qui que se soit, mais seulement à décrire une façon de faire qui donne des résultats excellents. Je l'ai personnellement expérimenté pendant plus de cinq ans alors que j'ai été Chef de Troupe Unioniste à Versailles, et avec cette même méthode, mes deux frères ont créé à partir de rien une troupe parisienne, avec trois éclaireures au premier week-end et 32 au deuxième camp d'été. Et j'ai moi même plus tard créé une autre troupe dans une petite ville de province sans jamais avoir de problème de recrutement, sans même de meute de louveteaux pour fournir des éléments...
Ce qui suit n'est donc pas un idéal inapplicable, c'est une vraie méthode, qui marche et qui marche bien, que l'on ait quatre éclaireurs, ou que l'on en ait quarante.
Bien sûr, je ne dis pas que ce que j'ai fait moi même ait toujours été la perfection même, on fait ce qu'on peut, mais je crois que la méthode, elle, est bonne.
Cela s'adresse avant tout à celui qui voudrait être chef et qui ne connaît pas bien encore le scoutisme, mais peut être aussi que tout le monde pourrait y trouver quelques idées...
De toute façon, même si on veut faire une autre forme de scoutisme, il faut au moins savoir ce que c'est que le scoutisme de Baden-Powell, et ne pas réagir simplement contre un pseudo-scoutisme traditionnel mal vécu, comme il y en a tant eu, et comme il y en a tant encore.
On pourrait aussi mettre en doute le fait que ce qui est dit relève véritablement du scoutisme de B.P. Comme seule réponse, je renvoie à ses livres: au Guide du chef Eclaireur, et surtout au chapitre X de Eclaireurs destiné aux chefs. Bien que très condensés il n'est pas difficile d'y retrouver l'esprit de sa méthode, méthode qui veut éduquer le "caractère" de chaque garçon (que la psychologie moderne appelle de préférence la "personnalité"), en vue du développement et de l'épanouissement de leur personne.
"Le secret de la réussite est de diviser la troupe en petites unités (patrouilles) de 6 à 8 Eclaireurs. Ces équipes doivent être autonomes et avoir à leur tête un chef responsable (chef de patrouille) aidé d'un second." (BP)
La patrouille est en effet l'unité
de base du scoutisme, et le système des patrouilles, bien réalisé, est un gage de réussite pour la marche de la troupe. Cependant, celui-ci n'est efficace que s'il est utilisé entièrement, et non pas affaibli ou mutilé, en sous estimant l'importance de certains points comme la Haute-Patrouille (Chefs et seconds de patrouille) et de CdC (Conseil des chefs comprenant les CP.) en particulier. Ce système à de plus de nombreux avantages.
- Il permet aux plus jeunes d'être dans une équipe où ils peuvent connaître tous les membres et être connus d'eux. Il leur permet en plus d'avoir une place et un rôle important, alors qu'ils se sentiraient un peu noyés et inutiles dans un groupe informe de 30, et même de 15 personnes.
- Il permet de donner aux plus âgés des responsabilités, et ainsi de les intéresser, de canaliser leur tendance à se montrer supérieurs aux plus petits, et de former leur caractère.
- Il permet au chef d'avoir à diriger 3 ou 4 unités distinct au lieu de 30 personnes en même temps.
- Il est fort pratique pour toute organisation matérielle de la vie de la troupe: Equipes de jeux toutes faites, équipes pour les services &c...
- Il permet en fin d'avoir une certaine émulation par la compétition entre les patrouilles qui pousse chaque Eclaireur à mieux faire et à progresser pour faire gagner sa patrouille. Il apprend ainsi à travailler non pas pour lui, mais pour le groupe à placer l'intérêt du groupe au dessus du sien propre.
Nous allons maintenant passer en revue les caractéristiques que doit avoir toute patrouille scoute, et ceci nous permettra au fur et à mesure d'en comprendre l'intérêt et l'utilité fondamentaux qu'a le système des patrouilles dans notre système d'éducation.
8 semble être un nombre maximum pour que chaque Eclaireur soit bien intégré dans sa patrouille, sente que sa présence a une certaine importance, et puisse vraiment connaître les autres patrouillards. (C'est en plus le nombre maximum de garçons qui peuvent tenir dans une tente de patrouille traditionnelle). Cependant, une patrouille de 8 pendant un camp e5t très lourde, et demande un CP ayant de très bonnes capacités. Il n'est en effet pas facile d'intéresser, de s'occuper et d'occuper tous les membres d'une patrouille trop importante. La dynamique des groupes montre d'ailleurs bien qu'au delà de 8, la cohésion et l'unité d'un groupe devient compromise.
Inversement, 6 est un nombre minimum, mais assez dangereux pendant l'année, car quelque grippe risque de réduire rapidement la patrouille à 3 Eclaireurs, ce qui est très décevant pour ceux qui restent et ne permet plus de faire grand chose en patrouille.
Cependant, une troupe qui commence peut avoir au début une patrouille provisoirement de 6 ou 5, mais il faut éviter d'en rester là.
La force éducative du scoutisme vient de là. Ainsi, le jeune Eclaireur de 12 ou13 ans a devant lui des Eclaireurs plus âgés (en particulier son CP) pour qui il a une estime et une admiration certaines, et qui, étant l'image de ce qu'il sera dans un ou deux ans, lui donne envie de grandir, et d'évoluer dans une bonne direction- Direction qui est indiquée surtout par son chef de patrouille qui jouit d'un certain prestige; on comprend alors qu'il soit impératif de choisir des CP qui aient une véritable valeur, et qui ne soient pas seulement des "grandes gueules"!.
Parallèlement, les plus âgés ayant des responsabilités dans la patrouille doivent dépenser leur énergie à s'occuper des plus jeunes (ce qu'ils font volontiers s'ils ont vraiment une responsabilité) au lieu de faire des bêtises entre eux. Ils apprennent alors à se dévouer et à rendre service, et, voulant montrer l'exemple et faire acquérir aux plus jeunes certaines qualités , ils doivent bien s'efforcer de les avoir eux-mêmes. Voulant faire respecter la Loi de l'Eclaireur, ils ne peuvent que la respecter eux-mêmes, et voulant intéresser les plus jeunes aux jeux, ils devront se mettre eux aussi à fond dedans, même si ces jeux sont parfois un peu puérils pour eux. Au lieu d'avoir l'impression de s'abaisser en jouant avec des plus jeunes leur honneur sera sauf, car ils le feront avec la fierté de se dévouer pour les autres , et d'ailleurs, à condition de ne pas leur faire remarquer, ils jouent souvent avec plaisir!
Ces responsabilités réelles que l'on donne aux plus âgés, (matérielles et éducatives), sont le seul moyen pour continuer à les intéresser aux activités de la troupe (et peut-être parfois à la Loi, dans le cas où le chef n'aurait pas réussi à leur montrer l'intérêt de cette Loi pour eux-mêmes).
Au contraire, si le système des patrouilles est mal utilisé les garçons partiront vers 14 ou 15 ans, après avoir eu le temps d'être bien nuisibles par une opposition systématique à des activités et un idéal imposé bêtement.
Celui-ci est vraiment responsable de sa patrouille. Il est choisi par le Chef de Troupe en accord avec ses adjoints, ou mieux par le CdC c'est à dire avec les anciens CP (sans les seconds!) si ceux-ci sont sains et avaient bien compris leur rôle. Quand cela est possible, cette dernière solution quand elle est possible, est de loin la meilleure, car il ne peut y avoir ensuite de discussions sur le choix au sein de la troupe.
Le CP est choisi avant tout pour ses qualités, et non par ancienneté... ou parce qu'il était second. La condition première est qu'il ait un bon esprit, c'est à dire qu'il soit attaché à l'esprit Eclaireur, et qu'il le vive déjà assez bien. Il faut bien sûr qu'il ait aussi des qualités de leader, mais le fait est, que si la troupe recherche un bon esprit, alors un garçon qui aura ce bon esprit sera naturellement admiré et reconnu comme leader. Inversement, celui qui joue les "gros bras" d'une façon peu "Eclaireur" sera automatiquement peu apprécié des autres.
De toute façon, il faut être extrêmement vigilant à l'égard des chefs de patrouilles, et ne rien laisser passer, c'est à travers eux notre propre responsabilité qui est engagée vis à vis des autres garçons qui nous sont confiés. Il ne faut donc prendre comme chefs de patrouille que des garçons vraiment sûrs. Il est hors de question d'en nommer un en se disant "que ça lui fera du bien", le risque est bien trop important: CP n'est pas une récompense, ni un grade, ni un encouragement, c'est une fonction; le CP est nommé pour faire marcher une patrouille dans le bon sens, et c'est tout.
Il faut donc aussi s'assurer au départ que chacun est absolument d'accord avec ce que l'on veut obtenir des garçons (aller vers l'esprit Eclaireur), qu'il fera tout son possible, montrant en tout cas l'exemple, et avertira tout de suite le chef de troupe des manquements ou des difficultés qu'il pourra rencontrer dans sa patrouille, afin que celui-ci puisse agir en prenant le problème à la racine.
Tout repose sur les chefs de patrouilles, ce sont eux qui sont responsables d'une grande partie de ce qui se passe dans la troupe, et qui savent le reste. Il faut donc être certain de leur collaboration, et ne surtout pas prendre comme CP un garçon qui ne serait pas entièrement d'accord avec ce que nous venons de dire, et l'esprit que l'on veut avoir à la troupe. Tout ceci doit être vu en entretien individuel entre le CT et l'éventuel CP, avant que sa fonction ne commence. La clarté de la situation et la franchise du discours, lui font d'ailleurs en général prendre conscience de l'importance de son rôle, de sa responsabilité, et de la confiance énorme qu'on lui donne, ce qui plaît beaucoup au garçon.
doit superviser et coordonner l'ensemble tout en aidant celui qui aurait encore un peu de mal à s'en sortir mais en le laissant responsable). Certains postes peuvent être mis en double afin de pouvoir occuper tout le monde. La répartition se fait en CdP (Conseil de Patrouille), et peut être révisée éventuellement.
Trésorier. Il garde l'argent de la patrouille et tient une comptabilité sérieuse.
Infirmier. Il tient l'infirmerie de pat. en bon état. Il sait soigner tous les maux pas trop graves (ampoules, petites blessures &c...)
Matérialiste. Il recense le matériel, le soigne et veille à ce que rien ne soit perdu...
Cuisinier. Il recherche des recettes de cuisine ingénieuses pour le camp &c..., mais ne fait pas la cuisine tous les jours au camp, car d'autres ont envie de la faire aussi
Livre d'or. Chargé de tenir le livre d'or de la patrouille où toutes les activités sont racontées et illustrées. Il charge après chaque sortie un Eclaireur de le remplir pour la fois suivante.
Une patrouille peut aussi avoir parallèlement son spécialiste en morse, en feu, en nuds &c... mais il faut essayer que tous les Eclaireurs possèdent à fond ces techniques sans se reposer sur le "spécialiste", et en tout cas celui-ci ne doit surtout pas exercer un monopole de cette technique (par exemple toujours allumer le feu), mais plutôt intervenir en cas de situation difficile, et enseigner les autres.

La vie de la patrouille serait incomplète s'il n'existait de temps en temps un conseil de patrouille. Il permet à tous les Eclaireurs de la patrouille de s'exprimer, de dire son avis ou ses désirs, et au CP de dire ce qu'il attend de ses Eclaireurs et de faire un peu le point avec eux sur la patrouille...
Grâce au conseil de patrouille, tous les Eclaireurs peuvent se sentir responsables et concernés par la vie de la patrouille, et de la troupe. Le CdP les habitue en plus à réfléchir, à organiser leurs idées, à s'exprimer et à écouter les autres.
Il doit avoir lieu aussi souvent que possible, mais pas moins de deux fois par trimestre. Présidé par le Chef de Patrouille, celui-ci doit avoir pensé à l'avance à un ordre du jour, et le conseil ne doit en général pas durer plus d'1/2 heure, car après, les attentions s'égarent et le sérieux du conseil risque de disparaître.
Le conseil de patrouille doit examiner toutes les décisions concernant la patrouille (utilisation de l'argent, ou comment en gagner plus, achat de matériel, réalisation commune, décoration du local de patrouille &c...) Il fait aussi le point, chaque Eclaireur dit où il en est dans sa responsabilité de patrouille (matériel, infirmerie, trésorerie &c...). Chacun dit ce qu'il a aimé ou moins aimé, et ce qu'il désirerait qu'on fasse. Toutes les questions ayant rapport avec la troupe seront soumises au CdC par le CP qui est donc chargé d'y représenter sa patrouille.
Mais il faut penser à dire à nos CP que les problèmes personnels ne doivent jamais être traités en patrouille. Le "lavage de linge sale" en commun au niveau d'une patrouille est extrêmement malsain. Toute question concernant un Eclaireur ou plusieurs d'une façon personnelle, doit être examinée par le CT et le CP concerné.
Un patrouille doit être autonome, donc avoir son propre matériel (tente, scies, haches, matériel de cuisine, pharmacie &c...) Elle doit aussi avoir un endroit bien à elle dans le local (au minimum un placard pour ranger son matériel), et l'idéal est qu'elle ait un local propre qu'elle puisse arranger à sa guise.
Elle doit avoir sa propre caisse, gérée par la patrouille elle-même, cet argent peut servir à acheter du matériel ou à financer certaines activités de pat. Elle est remplie grâce à l'ingéniosité des Eclaireurs.
A propos de ce que font d'habitude les Eclaireurs pour gagner de l'argent, il faut signaler la traditionnelle vente de gâteaux à la sortie du culte, qui peut être utilisée, mais à condition de ne pas en abuser et de faire des prix corrects afin de ne pas énerver inutilement les paroissiens ou le pasteur. Mais la patrouille peut aussi: fabriquer des objets pour les vendre, ou effectuer un travail manuel (nettoyage, jardinage &c...) chez un ami ou parent de la patrouille. Il est bon aussi de laisser la vente annuelle des calendriers au profit de la patrouille, et ils les vendront d'autant plus volontiers. Cependant, gagner de l'argent n'est pas une activité très exaltante, et il ne faut pas que les Eclaireurs y passent trop de temps.
Chaque patrouille a enfin ses propres habitudes, ses traditions et son folklore, qui se créent petit à petit et qui contribuent à donner une personnalité à la patrouille. Mais il faut à ce sujet être très prudent, en effet, il peut arriver qu'un chef de patrouille soit tenté de faire dans sa patrouille un "folklore" secret, sans que le CT le sache, et pas toujours dans le sens de ce qu'il voudrait.' Il faut savoir que cela peut arriver (bien que rare). Le seul moyen d'éviter ce genre de chose, est de soigner les rapports d'amitié et de confiance qui doivent exister entre chefs et CP, et de toute façon, un chef qui a de bons contacts personnels avec tous les garçons de sa troupe sait forcément un petit peu ce qui se passe dans les patrouilles. Le chef de troupe n'est ~s un général qui dirige d'en haut', mais il s'efforce au contraire de gagner la confiance et l'amitié de tous, en ayant des contacts personnels avec chacun de ses Eclaireurs, et le plus souvent possible...
La patrouille est aussi autonome dans le sens où elle peut se réunir spontanément sous l'influence de son CP pour un après midi, par exemple, pour faire une activité quelconque. Ceci est très bon pour l'esprit de la patrouille et pour avoir une action plus continue et efficace sur ses Eclaireurs, même si la patrouille ne peut être au complet à cause de la réticence de certains parents ou d'Eclaireurs éloignés.(Mais il faut que le CT soit averti de ces réunions, car il en est responsable).
Au moins une fois par trimestre, chaque patrouille a une sortie ou un week-end qui lui est propre. Cette activité est donc vécue par la patrouille toute seule, et est préparée par le CP & le SP. Le CT doit obligatoirement être au courant du programme précis de la sortie suffisamment à l'avance pour pouvoir conseiller ou rectifier. Il ne doit en aucun cas laisser partir ses patrouilles n'importe où, sans savoir ce qu'elles font.
Ce genre d'activité est vraiment une aventure de la patrouille, et par conséquent, il est bon que le CP s'en sente entièrement responsable; il est donc préférable que le chef ne s'y montre pas du tout, pour lui laisser le champ libre. Cependant, chaque CP devra ensuite faire un compte rendu sérieux aux chefs dans un CdC peu après.
Les activités de patrouille sont en général très appréciées des Eclaireurs, et ~a tentation peut être grande pour un chef occupé d'en programmer souvent pour s'éviter du travail. Mais il ne faut pas abuser des activités de patrouille.
Il y manque en effet une part fondamentale du scoutisme: l'action directe du chef, et on risque, à faire trop d'activités de patrouille, d'assister à une dérive de l'esprit de certaines patrouilles, ou à un décalage et une différence gênants entre les différentes patrouilles suivant la valeur de chaque chef de patrouille.
Par ailleurs, pour pouvoir obtenir des activités de patrouille satisfaisantes, il faut avoir une bonne HP, ce qui ne se fait pas naturellement, mais grâce à des activités de HP, et des CdC bien menés, qui donnent une bonne motivation aux CP ~ SP, ainsi que la formation indispensable.
Il est donc indispensable de faire quelques activités en haute patrouille, pour la formation, la motivation, comme nous l'avons vu, mais surtout pour créer des liens d'amitié au sein de la HP. L'idéal pour cela est de faire une fois par an un camp de HP, durant une semaine, à la Toussaint, par exemple, avec un programme attrayant, et que l'on n'aurait pas pu faire avec l'ensemble de la troupe.
La troupe, elle, est un groupement de 2 à 4 patrouilles. Les patrouilles servant d'unité dans les jeux et toutes les compétitions interpatrouilles, il vaut mieux qu'elles soient équilibrées (en nombre entre autre).
Il est difficile de dépasser 4 patrouilles, ou 32 Eclaireurs, limite au delà de laquelle la troupe devient très lourde, les Eclaireurs commençant à avoir de la peine à se connaître entre eux, où à sentir leur présence importante pour la troupe et il s'en suit un risque d'absentéisme. Il devient aussi difficile de faire toute l'action individuelle que nécessite la marche d'une troupe, et de donner à chacun l'attention nécessaire.
La troupe comporte évidemment des chefs réguliers dont un chef de troupe (CT). Il est indispensable qu'il y ait un des chefs qui soit officiellement le chef de troupe reconnu par les autres. Ceci ne l'empêche pas, heureusement, de prendre les décisions collégialement avec ses adjoints ou le CdC, mais il est nécessaire que, sur le terrain, quelqu'un puisse décider en dernier recours, trancher en cas de litige, et surtout se sentir vraiment responsable en dernier lieu, et coordonner les actions.
Ce qui est important de noter, est que le CT n'est pas un monarque imposant sa volonté, mais qu'il dirige avec ses adjoints, (sinon ils partiront!) et avec les chefs de patrouille dans le CdC, ce que nous verrons un peu plus loin.

La promesse scoute correspond à la libre décision de prendre l'idéal de l'Eclaireur tel que nous le proposons pour guider sa vie. C'est une affirmation de bonne volonté. La promesse rend publique, et aide à se tenir à cette bonne volonté) afin qu'elle dure.
Ce n'est donc pas un serment solennel, ou un vu irrévocable qui lie celui qui le fait pour toute sa vie. A tout moment, un garçon peut dire non, arrêter d'être Eclaireur, et choisir une autre voie.
Dans le véritable esprit du scoutisme de B.P. la promesse est la décision de vouloir devenir Eclaireur. Etre Eclaireur, en effet, ne signifie pas seulement être dans une troupe et participer à ses activités, mais véritablement choisir un idéal de vie. D'ailleurs, la Loi, telle qu'elle est formulée, le montre bien: "Un Eclaireur est..." donc, si on est Eclaireur, on est supposé faire tout son possible pour avoir ces qualités. La Loi par sa forme même est inséparable du fait d'être Eclaireur, et il en est alors de même pour la promesse.
La promesse n'est donc pas une sorte de luxe que soffre un garçon déjà Eclaireur, mais c'est précisément par elle qu'il devient Eclaireur, et qu'il accepte l'idéal qui y correspond.
Séparer la promesse du fait d'être Eclaireur serait une grosse erreur. Ce serait sous utiliser la promesse, et lui faire perdre beaucoup de valeur dans l'esprit des garçons. En effet, le premier et le plus important des moyens dont nous disposons pour la rendre très puissante, est de lier ensemble promesse et "être Eclaireur". En oubliant ceci, on affaiblit considérable ment l'efficacité qu'elle peut avoir, et on se prive d'une grande part de l'action formidable qu'elle a normalement sur les garçons et sur l'esprit de la troupe.
En effet, étant donné que les garçons aiment les activités et l'atmosphère des Eclaireurs, on associe à la promesse quel que chose d'agréable, le désir d'être Eclaireur et de faire partie de la troupe se convertit en désir de tenir sa promesse, et de vivre d'une façon supérieure. Tout ce qui aura un rapport avec les Eclaireurs leur rappelleront cette loi et cette promesse.
On évite ainsi qu'après sa promesse, le garçon n'y pense plus, et cesse de faire des efforts, car elle se trouve liée dans son esprit à de nombreuses choses qui serviront, en quelque sorte de moyens mnémotechniques.
Parmi les choses qui doivent lui rappeler sa promesse, et que donc il faut lier ensemble dans l'esprit du garçon, il y a:
- Le fait d'être Eclaireur, comme nous l'avons vu.
- L'uniforme, qui ne fonctionne que grâce au point précédant, car Eclaireurs et Uniforme sont évidemment liés dans l'esprit des garçons d'une troupe. Chaque fois qu'un Eclaireur voit ou met son uniforme, son idéal lui revient à l'esprit, comme en témoigne ces mots enthousiastes d'un EU à son CT: "Chaque fois que je mets mon uniforme, j'ai l'impression d'enfiler une bouffée d'idéal..."
- La poignée de main gauche. (Avec salut dans les grandes occasions, et sans dans toutes les autres). En plus d'avoir l'attrait du signe secret, elle demande l'effort d'y penser, et force donc à se souvenir que l'on est Eclaireur. Pour qu'elle soit vraiment liée à la promesse, il est important, au moment de la promesse de serrer la main gauche du nouvel EU, pour la première fois, et aussi de lui faire serrer la main gauche de tous les Eclaireurs de la troupe pour bien insister.
- Le salut. de même qu'au dessus.
- L'insigne d'Eclaireur, qui peut symboliser toute la pro messe, et l'idéal EU. Une fois de plus, pour bien les lier ensemble, il faut donner au nouvel Eclaireur ses insignes au moment-même de sa promesse, et lui dire qu'ils la représentent. L'insigne de chapeau servira pendant toutes les activités en troupe, et l'insigne civil en dehors de la troupe.
- L'insigne civil, bien qu'étant le plus petit de tous, est sans doute celui qui a le plus d'importance. C'est regrettable qu'il soit si souvent peu utilisé, car il est l'insigne que porte l'Eclaireur sur ses vêtements dans sa vie de tous les jours.
D'abord, comme nous l'avons vu, il rappelle au garçon sa promesse, partout et à tout moment, et pas seulement quand il est entre Eclaireurs, et ensuite, il se sent responsable de l'opinion publique sur les EU, et cela le force à réfléchir à ce qu'il fait (en montrant qu'on est Eclaireur Unioniste, on ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi).
C'est donc une façon de prolonger notre action jusque dans la vie quotidienne du garçon, et d'éviter qu'il ne soit "Eclaireur" qu'à la troupe.
Il faut enfin admettre que porter l'insigne civil d'Eclaireur demande à tout garçon un effort non négligeable. Il sera forcé ment assailli de questions, ou l'objet de railleries sur les scouts par d'autres gars qui ne savent pas vraiment ce que c'est, ou qui mènent leur vie dans le sens opposé. Cet effort, loin d'être nuisible, va tout à fait dans le sens de ce que nous voulons apporter à nos Eclaireurs. Il leur apprend à avoir le courage de leurs opinions, et à être capables d'affirmer ce outils croient juste même contre vents et marées. C'est l'apprentissage de la non-influençabilité, et de la force de caractère, d'être celui qui accepte de réfléchir, mais qui ne faiblit pas lâchement devant l'opinion ou le jugement des autres.
Dans ce domaine, l'uniforme joue le même rôle, et cela demande aussi une certaine force de caractère que de se promener dans la ville en uniforme d'Eclaireur...
Ceci n'est d'ailleurs pas nouveau, puisqu'il suffit de lire les récits du commencement du scoutisme en France en 1911,pour voir que même à cette époque, se promener en uniforme scout dans les villes demandait un effort souvent bien plus important, à cause d'une société plus conformiste qu'elle ne l'est à l'heure actuelle. (En particulier pour le port de la culotte courte par les adultes responsables...)
- Les promesses des autres. Chaque fois qu'un garçon fait sa promesse devant la troupe, cela rappelle à tous les autres qu'ils l'ont faite aussi, et qu'elle reste une préoccupation de l'ensemble de la troupe.
Pour cela, il est bon de répartir les promesses tout au long de l'année, en fonction des désirs de ceux qui veulent la faire. Il serait très dommage de les grouper toutes en une ou deux fois pendant l'année. On perdrait le caractère personnel de l'engagement, et l'occasion de rappeler souvent aux autres leur propre promesse.
- L'action du chef. Le chef se doit de soutenir, d'exhorter et d'aider l'Eclaireur tout au long de sa vie scoute, pour l'aider à tenir sa promesse.
L'utilisation de tous ce moyens est fondamentale. C'est un devoir qu'a un chef d'aider chaque Eclaireur à se souvenir et à tenir sa promesse. Nous n'avons pas le droit de faire prendre un engagement à un garçon, puis de le laisser tomber. S'il avait l'impression peu après sa promesse qu'il peut sans problème la laisser de côté, et ne plus y penser, nous ne lui aurions appris que l'hypocrisie, le mensonge, et à prendre des engagements sans les tenir. Nous avons là une très grande responsabilité, et il faut tout mettre en uvre pour que la promesse reste une préoccupation constante de tous. Aucun moyen ne doit être négligé, même pour des questions pratiques ou d'un autre ordre. Nous sommes là au cur de notre action scoute, et tout doit se construire autour de ce centre.
Voici très sommairement comment il faut procéder pour créer les conditions les plus favorables pour la promesse.
1. Dès le début, dire: " Tu es notre invité, mais tu n'es pas encore Eclaireur..."
2. "Pour devenir Eclaireur, il faut d'abord le pouvoir. Nous ne pouvons pas accepter n'importe qui. Il faut donc que tu réussisses les épreuves d'Aspirant". Ces épreuves sont en fait très simples et à la portée de tout garçon, mais elles demandent de sa part un petit effort personnel testant sa motivation. I1 sera d'autre part très fier d'avoir réussi ces petites épreuves techniques, et cela ne fera pour lui qu'augmenter le prestige des Eclaireurs.
(Notons au passage qu'il est hors de question de faire subir au nouveau venu quoi que ce soit qui ressemble à des "bizutages" ou brimades diverses. On lui donnerait une bien curieuse image de notre fraternité, et on compromettrait grandement la valeur qu'il accordera à l'idéal qu'on lui proposera. IL faut donc que le chef soit très vigilant et puisse vraiment avoir confiance dans ses chefs de patrouille).
3. "Etre Eclaireur, c'est vouloir faire partie de la troupe, tu en as maintenant le droit, puisque tu as réussi les épreuves d'Aspirant, mais c'est aussi choisir un mode de vie. Tu es donc libre, tu as le choix, si tu choisis d'être Eclaireur, alors tu prendra le choix de ne pas faire n'importe quoi, ou de n'en faire qu'à ta tête, mais de faire tout ton possible pour devenir quelqu'un de bien en suivant la loi de l'Eclaireur. Puisque tu es Aspirant, tu la connais, qu'est-ce que tu en penses?... N'hésite pas à en parler à moi, ou à ton chef de patrouille..."
Et encore:" Maintenant, tu commence à savoir ce que c'est que la vie d'Eclaireur, tu as fait plusieurs activités avec nous. Tu connais notre loi. Il faut donc que tu choisisses si tu veux ou non faire vraiment partie de la troupe et être Eclaireur toi-aussi ou non..."
4. Un jour, le futur Eclaireur dira: "Oui, je voudrais bien être Eclaireur". Il faut alors que le chef de troupe trouve un bon moment pour discuter individuellement avec le garçon, pour voir s'il a bien compris le sens de la loi et de la promesse. Nous montrerons un peu plus loin quel peut être la forme et le contenu de cet entretien.
A la fin de celui-ci, la réponse peut-être donnée: "Oui, je veux devenir Eclaireur, et faire ma promesse". Il faut alors attendre le moins possible, et faire la promesse à la prochaine activité de troupe avec l'accord du chef de patrouille.
La cérémonie doit être solennelle, mais simple et naturelle pour éviter de bouleverser le garçon plus qu'il ne faut. Il est donc préférable de laisser de côté les cérémonies trop théâtrales, la nuit, dans des grottes, ou avec des flambeaux &c... Le mieux est pendant un rassemblement de toute la troupe en uniforme (évidemment) ou au lever des couleurs, au camp.
Le rassemblement, après avoir mis la troupe au courant, commence par un petit laïus du chef, comme pour un culte, et ensuite, les Eclaireurs se mettent debout, et la cérémonie peut se faire ainsi:
- En s'adressant au chef de patrouille : "Tu le connais bien... Penses-tu qu'il soit digne d'être Eclaireur?... Alors viens ici avec lui".
- Le chef de patrouille se met dans la ligne des chefs (ce qui lui donne de l'importance et une certaine fierté, et l'implique dans la promesse de son patrouillard. Il aura en effet à l'aider et à lui servir d'exemple), et le futur Eclaireur se met face aux chefs, à l'intérieur du carré.
-"Tu connais bien la loi, nous en avons discuté ensemble, et j'ai vu que tu 1'a bien comprise. (Le chef peut à ce moment dire ou faire dire par un autre Eclaireur tout haut la Loi de l'Eclaireur) veux-tu devenir Eclaireur? Penses-tu que nous puissions compter sur toi? &c... Alors tu vas répéter après moi le texte de la promesse..." (Le fait de répéter ligne par ligne le texte de la promesse permet de tranquilliser le garçon qui est un peu ému, et qui pourrait avoir du mal à le dire d'une voix intelligible et forte, sans bafouiller ni se tromper. De plus, cela permet de répéter à toute la troupe la promesse une fois de plus, ce qui ne peut qu'être positif).
-" Tu es maintenant Eclaireur, et je t'accueille officiellement dans la troupe de ..., et tu fais maintenant partie de la grande fraternité des Eclaireurs. Nous avons nous serrer la main gauche pour bien montrer que maintenant nous sommes Frères Eclaireurs.
- Après avoir serré la main gauche du nouvel Eclaireur en faisant le salut qui est le signe des Eclaireurs, le chef donne l'insigne civil en expliquant son importance, et le chef de patrouille et un adjoint les autres insignes (Ce qui les implique encore dans cette promesse). Puis le nouvel EU fait le tour de la troupe en saluant et serrant la main gauche de tous ses nouveaux frères , pendant ce temps la troupe peut chanter le chant de la promesse.
- Enfin, une fois que l'Eclaireur et son CP ont regagné leur patrouille, un prière très simple peut être adressée à Dieu, pour le remercier qu'il y ait un Eclaireur de plus sur la terre, et lui demander de nous aider à 1' être vraiment.
(Notons au passage que cette cérémonie est optimale pour un ou deux garçons qui promettent, mais guère plus. Et comme en plus la promesse doit être l'effet d'un libre consentement du garçon, il n'y a aucune raison pour faire de véritables séries de promesses à un moment déterminé).
- Une fois la promesse faite, il faut faire tout ce que l'on peut pour montrer de la confiance envers ce nouvel Eclaireur et lui donner des responsabilités, afin qu'il voie l'importance que peut avoir sa promesse.
Il est donc évident qu'afin que la promesse ait de l'importance, il ne faut pas trop donner avant au garçon: toute confiance, le fait d'être Eclaireur &c.. Sinon, la promesse semblera n'avoir aucune valeur. Cela peut sembler cruel, mais ce serait lui rendre un mauvais service que de dévaloriser sa promesse, en ne marquant aucune différence entre avant et après. (Il faut cependant, que tout soit absolument amical et accueillant envers le nouveau venu, pour qu'il puisse apprécier la bonne atmosphère fraternelle de la troupe).

Ce que nous venons de dire montre également qu'il ne faut pas attendre trop longtemps pour qu'un garçon fasse sa promesse, sinon il s'habituera à être à la troupe sans être Eclaireur, ou pire, aura l'impression d'être Eclaireur sans promesses, et en viendra à dissocier être Eclaireur, et promesse, ce qui la dévalorisera d'autant. De plus, après un an dans une troupe sans avoir fait sa promesse, le garçon risque de ne plus en voir l'utilité.
Il faut donc, autant que possible, que la promesse se fasse rapidement. Pour cela, il faut en parler dès la première réunion, faire passer très rapidement les épreuves d'Aspirant et ensuite s'assurer que le garçon pense à la promesse. Il faut en tout cas éviter que les choses traînent par paresse. Eventuellement, il peut être légitime qu'un garçon attende parce qu'il n'est pas encore très sûr de se plaire, mais il faut que le chef le sache, et que le garçon sente qu'il reste devant un choix à faire.
Normalement, dans une troupe qui accueille des louveteaux en octobre, les premiers font leur promesse en décembre ou en janvier, et sauf exception, chacun doit avoir pris une décision avant le camp d'été, et si possible avant la fin du camp de Pâques.
Vouloir attendre que le garçon soit prêt à obéir parfaitement à la Loi serait une grave erreur, car ce n'est précisément pas le sens de la promesse qui repose sur le "tout mon possible". La seule question est donc de savoir s'il veut faire un effort, s'il veut être Eclaireur, et s'il veut faire partie de la troupe, ou non.
Il est vrai que l'on pourrait penser que ce n'est qu'à la fin du camp d'été que le garçon sait exactement ce que c'est que la vie d'Eclaireur. Mais en général, un garçon sait pendant l'année si cela lui plaît ou non. Et de toute façon, dans le cas exceptionnel où il serait déçu pendant le camp, sa promesse ne l'empêche pas de quitter la troupe après, et de s'en sentir même libéré si il ne voulait plus non plus adhérer à l'idéal. Il n'y a donc aucune malhonnêteté ou violence à l'encontre du garçon.
A l'inverse, il est fréquent que des garçons qui arrêtent les activités avec la troupe pour une raison ou pour une autre (n'ayant pas beaucoup de goût pour les activités de plein air, ou à cause d'un déménagement, par exemple...) restent attachés à leur promesse et à leur insigne, en continuant à le porter, pour l'idéal qu'il représente, indépendamment de toute activité dans une troupe.
De même, il est certain qu'un garçon de 12 ans ne peut pas comprendre sa promesse de la même manière qu'il le fera à 15. Mais le principal est sa sincérité au moment de sa promesse, et celle-ci peut évoluer en même temps que lui, (ce qui est même une obligation, ou sinon il s'en désintéressera), il est même libre éventuellement de la rejeter totalement un jour s'il le veut, nous ne pouvons de toute façon l'en empêcher, mais ceci est très rare.
C'est d'ailleurs le rôle du chef de troupe que de trouver de temps à autre un moment pour discuter individuellement avec ses Eclaireurs de la loi, de sa signification, et de l'engagement qu'elle entraîne pour leur maturité personnelle.
Voici maintenant comment peut se passer un entretien pour la promesse. Il faut demander qu'auparavant, le garçon connaisse très bien sa loi avec les numéros des articles. En général, ils l'apprennent volontiers. Il est important qu'ils la connaissent parfaitement au départ, car ainsi, même s'ils oublient un peu, il leur en restera suffisamment dans la mémoire.
Il faut ensuite trouver un moment tranquille pour pouvoir discuter seul à seul. Une discussion sérieuse ne peut pas durer moins d'une demi-heure ou 3/4 d'heure. Dans un camp, ce temps pourrait être trouvé, mais c'est très difficile pendant un week-end où le chef de troupe a en général bien d'autres choses à faire.
Aussi, le mieux est de donner rendez-vous au futur Eclaireur en dehors d'une activité prévue. Eventuellement, cela peut se faire avant le début du week-end, ou après le retour, mais la visite à domicile a une valeur que rien ne peut remplacer. Le garçon sera très honoré et fier que son chef prenne la peine de venir le voir chez lui, et sera toujours sensible à l'attention qu'il lui porte ainsi. De plus, cela permet de voir comment il est installé, et de voir éventuellement le reste de la famille, ce qui est très intéressant pour mieux connaître le garçon. Tout ceci permet en plus de créer les liens affectifs réciproques indispensables à l'action du chef et au bon comportement de l'Eclaireur.
A l'heure du rendez-vous, si les parents sont là, il faut leur consacrer quelques minutes, mais rapidement passer à l'entretien, quitte à les revoir après.
Il faut ensuite commencer par détendre le garçon. Pour cela, une visite en détail de la chambre et un peu d'attention à ce qui l'intéresse constituent une excellente matière; et enfin, il faut rentrer dans le vif du sujet.
Voici par exemple comment cela peut se passer.
- "Alors, tu connais bien la Loi?" Le garçon récite avec un peu d'émotion, s'il la connaît bien, ce qui est le cas, en général, lorsqu'il est bien motivé, on peut lui demander des articles en les nommant par leur numéro ou le contraire. Il est alors très fier d'y bien réussir, et des compliments à ce sujet contribuent à le mettre à l'aise.
- "Tu y as bien réfléchi?... Y a-t-il des articles que tu n'aies pas très bien compris?... non?, alors ce que je te propose, c'est de prendre les articles un à un, tu me dis ce que tu penses que ça veut dire, et je complète si je trouve d'autres choses. D'accord?..." Passent ensuite tous les articles les uns après les autres. Le garçon commence par parler à chaque fois, et le chef continue. Cela a le grand avantage de le faire participer sans arrêt, et de ne pas l'endormir sous de longs discours, et de plus, de voir où le futur Eclaireur en est.
La Loi n'est pas bien difficile à comprendre. Pour l'expliquer, il est souvent plus facile de le faire par le contraire: par exemple: "Un Eclaireur est débrouillard"... Et bien, c'est que ce n'est pas une cruche... Et il faut donner de nombreux exemples concrets et vécus...
Voici cependant les points sur lesquels il faut insister:
- Art.1 Un Eclaireur n'a qu'une parole: "Quand un Eclaireur dit quelque chose, je le crois' s'il le dit, je sais que c'est vrai, il n'y a pas besoin de vérifier, il dit la vérité. Cela veut dire que l'on peut faire confiance à un Eclaireur..." "Et si par hasard tu te rends compte que tu as dit quelque chose qui n'était pas tout à fait vrai, il faut vite corriger, et dire par exemple: tout à l'heure, j'ai dit sa, mais je me suis un peu trompé, ce n'était pas vrai!..."
Cet article est un des plus importants pour la franchise et la confiance.
-Art.2 Un Eclaireur est loyal: Honnêteté. Dans les jeux ne pas tricher, ou trouver des combines, de toute façon on fait confiance aux EU et on ne vérifie pas; dans le civil: être honnête...
- Art.3 Un Eclaireur se rend utile: Se rendre utile: A la troupe, à la maison. Apprendre à penser aux autres. Apprendre à se forcer, et donc développer sa force de caractère: faire quelque chose qui ne rapporte rien et qu'on n'aurait pas envie de faire, pour rendre service. Penser aux autres pour trouver des occasions de rendre service, arriver à le faire avant qu'on le demande...
- Art.4 Un Eclaireur est l'ami de tout le monde et le frère de tous les autres Eclaireurs: Ami de tout le monde : s'efforce de ne pas avoir d'ennemis. Frère de tous les autres Eclaireurs : Pourquoi plus qu'ami?... Car même promesse, même loi, on aime les mêmes choses, on a le même idéal et les mêmes difficultés à le suivre, on a confiance les uns dans les autres (Art-.1 & 2.~, on se comprend, ne se moque pas... Insister sur la confiance qu'il pourra avoir dans son chef pour lui parler ouvertement &c...
- Art. 5 Un Eclaireur est courtois: Il est poli, se gêner pour les autres...
- Art. 6 Un Eclaireur est bon pour les animaux et respecte la nature: Question piège: peut-il manger du steak ou tuer un lapin? - Oui, car Dieu nous a fait comme ça, faits pour manger de la viande, mais seulement ne pas tuer pour le plaisir ou inutilement.
- Art. 7 Un Eclaireur est discipliné: Apprends à ne pas en faire qu'à sa tête, donc développe sa force de caractère. N'en faire qu'à sa tête, c'est faire ce qu'on a envie de faire, tout le monde le peut, c'est facile.
Par contre, se forcer à faire une chose qu'on n'a pas envie de faire pour obéir, cela demande de la force. (Sauf pour un gars tout mou comme un mouton, mais je ne pense pas que tu sois de ceux-là !...)
Question piège: quelle différence avec la discipline de l'armée? C'est qu'à l'armée, on ne discute pas. Nous, on peut discuter, mais après avoir fait ce qui avait à faire. (Et discipline librement consentie, et pas par crainte d'une punition).
- Art. 8 Un Eclaireur est toujours de bonne humeur: Voit les choses du bon côté.
- Art. 9 Un Eclaireur est courageux, débrouillard et décidé: décidé: il sait ce qu'il veut.
- Art. 10 Un Eclaireur est tenace: Une fois qu'il a décidé, il s'accroche pour continuer.
- Art. 11 Un Eclaireur est travailleur, prévoyant et économe: Econome: Encore pour la force de caractère: ne pas se laisser aller à acheter tout ce dont on a envie (bonbons &c...), mais savoir se retenir, se maîtriser. (En plus de garder son argent pour des choses plus utiles).
- Art. 12 Un Eclaireur est propre dans ses pensées, ses paroles et ses actes: Propre dans son corps: ce n'est pas un porc! Propre dans ses pensées, ses paroles, & ses actes... Le plus facile est de commencer par les paroles : "Au collège, il y a toujours des sortes d'obsédés qui passent leur temps à raconter des histoires cochonnes. C'est pas vrai?... Et bien, un Eclaireur évite de se mêler à ce genre de conversation..." Ensuite, les pensées et les actes dont il s'agit sont du même domaine. Il faut à ce niveau éviter de culpabiliser, en montrant qu'il n'y a rien de mauvais, ou de nuisible, mais qu'il faut apprendre à se maîtriser et à avoir des préoccupations plus élevées. Et qu'en tout cas, dans la vie de la Troupe, ce genre de tournure d'esprit n'a pas de place. Donc ne pas laisser au sexe la première place dans nos préoccupations.
Une fois le Loi passée en revue, il faut s'assurer qu'il n'y a pas d'articles demandant plus d'explications, et l'on peut rendre l'entretien plus personnel en demandant au futur Eclaireur l'article qui lui semble le plus difficile, afin de lui montrer comment y progresser, et insister sur le fait qu'il ne promet pas d'y arriver du premier coup.
Cela peut se passer, par exemple, de la façon suivante :
-"Je pense que tu as bien compris la Loi, et que tu seras capable de trouver toutes les occasions pour l'appliquer et y progresser. Mais tous les articles ne sont pas aussi difficiles. Il y a, par exemple, sûrement des articles pour lesquels tu te dis: "Là c'est pas difficile; je me demande même pourquoi c'est dans la Loi.", Et puis il y en a d'autres qui semblent plus difficiles, et tu dois te dire: "Ah, celui là, j'aurais préféré qu'il n'y soit pas..." Tu ne trouves pas?..
Et bien justement, il y a des articles qu'on arrive bien à réaliser du premier coup, et il y en a d'autres où il faut s'entraîner. Mais on ne promet pas d'y arriver du premier coup et parfaitement (sinon, même moi je rends mon insigne), mais de faire tout son possible. Il y a des articles pour lesquels ton possible est très grand, et d'autres pour lesquels il est plus petit, et bien, il faut que pour ces articles là, ton possible il devienne de plus en plus grand, et chaque fois que tu arrives à faire un peu mieux, ton possible devient un peu plus grand.
Ce qui est important, c'est de bien savoir quels sont les articles pour lesquels on a le plus de peine, pour pouvoir y penser et s'y entraîner. Alors, réfléchis bien, et dis moi le numéro de l'article qui est le plus difficile pour toi."
La confiance gagnée lors de l'entretien sur la Loi fera que le garçon sera sincère, et le fait de ne dire que le numéro l'y aidera en préservant sa pudeur à parler ouvertement de lui. Très souvent, à 12 ans, c'est de l'article 4 qu'il est question, et il faut lui montrer dans tous les cas que c'est normal de trouver l'article qu'il a énoncé difficile; et comment il peut s'y entraîner..
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Je promets de faire tout mon possible pour:>
--Ecouter la Parole de Dieu
- Me mettre au service des autres
- Obéir à le Loi de l'Eclaireur.
Le plus important est le "tout mon possible" sur lequel il faut insister encore. En effet, on de demande pas à un Eclaireur d'attendre d'être prêt à obéir parfaitement à Loi avant de faire sa promesse, mais simplement de vouloir progresser dans celle-ci de toutes ses forces.
"Obéir à la Loi de l'Eclaireur" est bien compréhensible.
"Me mettre au service des autres" qui reprend l'ancien "rendre service à tout moment" (qui était bien meilleur car plus concret) reprend l'article 3.
"Ecouter la Parole de Dieu" est en général assez incompréhensible pour un jeune garçon. l'ancien "Servir Dieu" était sans doute plus clair. On peut cependant l'expliquer en disant quelque chose dans le sens du schéma suivant:
- Dieu nous a donné la vie et nous a tout donné (Un "n'est ce pas?" peut permettre de voir où en est le garçon).
- Mais il nous laisse libres d'en faire ce qu'on en veut.
Cependant, il y a des choses qu'il aimerait qu'on fasse, parce que ça lui rend service, et d'autres qu'il aimerait mieux qu'on ne fasse pas.
Ecouter la Parole de Dieu, c'est écouter ce qu'il attend de nous, et à notre niveau, ce que nous pouvons faire de mieux pour lui, c'est précisément d'être Eclaireur. Parce que la Parole de Dieu, c'est Jésus qui nous l'a fait comprendre, et la Loi elle est toute entière dans la Bible. Le nouveau Testament nous parle de Jésus-Christ, et lui a essayé de nous dire ce que Dieu attend de nous.
- Mais, même si Dieu nous laisse libres, il ne nous laisse pas tomber, il peut nous aider et nous conseiller, mais il faut penser à le lui demander par la prière. (Et comme d'habitude, une petite phrase interrogative permet de voir où le garçon en est: "Ca t'arrive de prier?" Dans quelles occasions?..." &c...
L'entretien peut ensuite se terminer en parlant de choses et d'autres, et s'il a été bien conduit, il aura créé des liens profonds d'amitié et de confiance entre l'Eclaireur et son chef, liens qui resteront toujours privilégiés et positifs.
De plus, il faut dire que ces entretiens sont aussi d'un réconfort et d'une joie extrême pour le chef. Il n'y a en effet rien de plus beau que de voir chacun de ces garçons s'enthousiasmer pour cet idéal qui leur est proposé, et chaque entretien montre à quel point le vrai scoutisme de Baden-Powell est incroyablement bien adapté aux garçons de l'âge Eclaireur, et combien il répond à toutes leurs aspirations les plus profondes.
La loi de l'Eclaireur est un des outils les plus merveilleux qu'un chef puisse donner à ses garçons pour les aider à développer leur caractère.
Celle-ci n'est en fait qu'une représentation de l'Eclaireur parfait, et elle décrit donc l'idéal de l'Eclaireur d'une façon pratique. Ainsi, par la loi, notre but est de proposer à chaque garçon un idéal compréhensible et à sa hauteur, qu'il puisse essayer de réaliser concrètement dans sa vie de tous les jours.
Il est vrai que pour nous, chrétiens, le véritable idéal est en Jésus le Christ, et peut être résumé par "Aime ton prochain comme toi-même". Cependant, ce but, déjà pour nous difficile à saisir, est en général incompréhensible pour des enfants. En effet, pour eux, Jésus-Christ ne représente pas encore forcément une réalité très précise et personnelle, faute d'avoir encore une bonne connaissance du nouveau Testament par une lecture régulière.
De plus, "Aime ton prochain" est un ordre trop abstrait pour qu'un garçon puisse vouloir vraiment l'appliquer dans sa vie, que ce soit à 12 ans, ou même souvent à 15.
Or, notre but étant d'aider nos garçons à aller progressivement vers Jésus-Christ et son idéal, il nous faut leur en indiquer la direction, et pour cela leur présenter un idéal plus concret et compréhensible, représentant l'idéal chrétien tel qu'il peut se réaliser et se comprendre dans la vie d'un garçon de 12 à 15 ans.
Cet idéal qui est l''Idéal de l'Eclaireur", est représenté par notre "loi". Celle-ci est en fait un code moral, découlant de l'idéal du chrétien, et conduisant à lui.
Ce n'est donc pas une loi d'observance comme celle que critique Paul, loi qui contraint et brise l'individualité en demandant des actes bien précis, mais une loi qui demande simplement de progresser dans un certain nombre de qualités de caractère, reconnues comme fondamentales pour la construction d'une personnalité chrétienne, équilibrée et heureuse.
Ce n'est pas non plus du "moralisme", puisque la loi n'est pas chez nous un but en soi, mais un moyen d'aider à aller vers Jésus-Christ dont cette loi dépend, et qui la dépasse.
Plus qu'une contrainte, cette loi apporte au garçon la possibilité de mettre en valeur sa personnalité profonde, en l'aidant à prendre des choix de mode de vie. En particulier, elle l'aide à se tourner vers les autres, et donc à trouver du bonheur, et à être maître de soi, plutôt que de se laisser ballotter par ses désirs instantanés. C'est ainsi que cette loi n'en ferme pas, mais libère.
D'autre part, présente dans la vie de l'Eclaireur de façon régulière, elle l'aide à acquérir de bonnes habitudes. (Ceci est vrai en tout cas à la troupe, et autant que possible chez lui). Ces habitudes d'un comportement positif, se feront d'abord à la troupe, puis déteindront petit à petit dans le reste de sa vie.
Bien sûr, on pourrait dire qu'il ne s'agit là que d'une attitude, mais c'est déjà beaucoup, car c'est une façon de vivre librement consentie, et d'autre part, il acquiert par là un mode de vie qui lui permettra très facilement d'accéder à la profondeur de la vie chrétienne.
Afin d'être efficace, la loi doit posséder un certain nombre de caractères.
- Elle doit être compréhensible par un enfant,
- Elle doit être pratique, donc directement applicable et non pas abstraite.
- Elle doit être précise, afin qu'elle soit vraiment applicable
- Elle doit recouvrir toute sorte de situations, elle doit donc avoir sa place partout et tout le temps.
- Elle doit être directe, et sans trop de relais de pensée dans ses applications.
- Elle doit être positive (non pas "Un Eclaireur n'est pas" ceci ou cela, mais: "Un Eclaireur est..."
- Elle doit représenter ou schématiser l'Eclaireur idéal par toutes ses qualités.
Il s'en suit que la loi doit avoir un assez grand nombre d'articles, et ne doit pas remplacer l'idéal du chrétien par autre chose d'aussi abstrait ou peu applicable , comme, par exemple: "Essayer de comprendre les autres pour les aimer...", ou encore "Un Eclaireur est exigeant pour lui-même..."
Ces deux exemples ne sont pas mauvais en eux mêmes, mais la loi doit aller droit au but. Par exemple: "Un Eclaireur n'a qu' une parole", il ne ment donc pas, c'est clair, et un garçon peut plus facilement partir dans sa journée en se disant: "Je vais faire tout mon possible pour n'avoir qu'une parole", qu'en se disant: "aujourd'hui, je vais être exigeant pour moi même", car il est difficile de savoir ce que cela recouvre au juste.
Il est bon, d'autre part que la loi répète à chaque fois: "Un Eclaireur est...", car cela aide à lier ensemble dans l'esprit du garçon les qualités de la loi, et le fait d'être Eclaireur. Celui qui voit à chaque article: "Un Eclaireur est...", et qui se dit: "mais au fond, moi je suis Eclaireur", a déjà l'impression d'avoir ces qualités... ou de pouvoir les avoir. Il fera en tout cas avec ardeur tous les efforts pour avoir les qualités qu'il n'a ... pas encore tout à fait...
La loi fait aussi partie de tout ce qui unit les Eclaireurs entre eux, pour en faire une confrérie de jeunes garçons jusqu'au delà des frontières.
Le fait que nous ayons tous la même loi aide à avoir confiance, et à se comprendre mutuellement, car par elle, chacun essaye de se diriger vers le même idéal. Il est donc évidemment fondamental que toute l'unité ait la même loi, que celle-ci ne change pas d'un moment à l'autre, et cette constance de la loi participe à lui donner une certaine valeur dans l'esprit du garçon. La Loi, c'est la Loi, c'est la même pour tous, qui que ce soit, et où qu'il soit, chacun sait ce qu'il peut attendre des autres Eclaireurs, le chef sait ce qu'il peut attendre de sa troupe, et l'exhorter collectivement &c...
La Loi est aussi le lien qui existe entre tous les Eclaireurs; d'une génération à l'autre, d'une religion à l'autre, et aussi d'un pays à l'autre, c'est cette même loi qui fait que ceux qui sont Eclaireur, ou ceux qui l'ont été se retrouvent, se comprennent, et se retrouvent Frères, par ce même idéal qui a structuré leur vie.
Sa constance dans le temps et dans l'espace, fait que le scoutisme est bien plus qu'une action locale, mais qu'il travaille à l'établissement d'une grande fraternité qui dépasse les frontières.
Cette Loi scoute utilisée dans le monde entier depuis le début du scoutisme (et malheureusement parfois abandonnée par certains) est à peu de choses près celle de Baden-Powell, qui avait 10 points, et que Henri Bonnamaux a traduite en ajoutant deux articles (malheureusement): le 9 et le 10.
1. Un Eclaireur n'a qu'une parole.
2. Un Eclaireur est loyal.
3. Un Eclaireur se rend utile.
4. Un Eclaireur est l'ami de tout le monde, et le Frère de tous les autres Eclaireurs.
5. Un Eclaireur est courtois.
6. Un Eclaireur est bon pour les animaux et respecte le nature.
7. Un Eclaireur est discipliné.
8. Un Eclaireur est toujours de bonne humeur.
9. Un Eclaireur est courageux, débrouillard et décidé.
10.Un Eclaireur est tenace.
11.Un Eclaireur est travailleur, prévoyant et économe.
12.Un Eclaireur est propre dans son corps, dans ses pensées, ses paroles et ses actes.
Il faut évidemment que chaque Eclaireur connaisse bien cette loi, et si possible avec le numéro des articles. En effet, cela accentue le bagage commun entre tous les Eclaireurs, même entre un chef et un nouvel Eclaireur de 12 ans, en faisant comme une sorte de code secret commun, lorsqu'on parle d'un article ou d'un autre en le nommant par son numéro, sans le dire explicitement. De plus, un Eclaireur dira plus facilement qu'il à, par exemple, des difficultés avec l'article 12, plutôt qu'il n'est pas propre dans ses pensées ses paroles ou ses actes...
Il faut se souvenir que la loi est limage de ce que veut être l'Eclaireur. Ce n'est donc pas un code civil permettant de juger ou de donner des punitions. Rien ne serait plus dangereux que de gronder un Eclaireur en lui criant: "C'est une honte, tu n'as pas respecté l'article 7 &c..." car il risque alors de prendre la loi en grippe, et de la rejeter au lieu de l'aimer.
Au contraire, la loi est la codification d'une bonne volonté de l'Eclaireur. C'est donc toujours à cette bonne volonté qu'il faut faire appel, en ravivant et en remettant sur le dessus le désir positif de suivre cette voie.
A cet égard, un petit mot fraternel et positif peut être bien plus efficace:
"Dis-moi, entre nous, là tu t'es un peu laissé aller... tu ne trouves pas?... Peut-être as-tu un peu oublié notre article 7... non?... Bon, allez, je compte sur toi pour y penser, te reprendre un peu en mains, et faire ton possible..."
Faire un reproche demande beaucoup de délicatesse pour ne pas blesser l'amour propre, ni créer de sentiments négatifs. Mais de toute façon, une félicitation est en général toujours bien reçue, et a une action très constructive. Il suffit simplement de penser à la faire. Des mots simples comme: "Je suis content, tu as été digne de l'Eclaireur que tu es, et de notre article 3", à un Eclaireur qui a rendu un service, est certainement plus efficace que vingt reproches.
D'autre part, il faut aussi utiliser la Loi positivement comme exhortation: par exemple avant un jeu: "Je compte sur votre honnêteté, vous êtes des Eclaireurs, souvenez-vous donc de notre article 2, et jouons loyalement. De toute façon, je ne vérifierai pas, parce que je sais que je peux vous faire confiance" Bien sûr, le chef devra quand même avoir un petit il sur ce qui se passe, et après le jeu, soit féliciter, soit faire remarquer qu'il a vu, par hasard, un manquement, et que c'est tout à fait indigne d'une bonne troupe comme la sienne &c...
Le chef doit ainsi faire référence positivement à la Loi le plus souvent possible, pendant les activités, pour montrer que la Loi est une préoccupation courante et quotidienne dans la troupe, et pas seulement le jour de sa promesse. Le but doit être de lier ensemble loi et activités, pour que l'un entraîne l'autre dans l'esprit des garçons. Ainsi, les activités ne seront pas de simples distractions pour enfants, mais elles les feront pratiquer leur idéal, et les habituera à le vivre en en étant conscients. D'autre part, en étant étroitement liés, les activités aimées feront aimer l'idéal, et un souvenir inoubliable d'une activité réussie restera dans leur mémoire lié à une conduite supérieure et à un bon esprit.
Et bien sûr, tout ceci ne servirait à rien si le chef ne vivait pas concrètement cette loi en toute occasion (en le faisant aussi savoir), donnant par là un exemple vivant et quotidien de l'idéal de l'Eclaireur.
Ainsi, le chef aidera ses Eclaireurs à aimer leur loi, et à désirer y progresser. C'est dans ce sens que doit s'orienter toute action, discours ou discussion.
Nous avons jusqu'à présent surtout présenté la Loi dans sa dimension personnelle, Loi à laquelle adhère le garçon, par ambition personnelle, parce qu'il veut progresser, et devenir
"quelqu'un de bien". Ce choix de vie, est une décision qu'il rend publique par la promesse, promesse qui l'aidera aussi à se tenir à ce qu'il a choisi, et à en garder le cap.
Mais, ce n'est pas là la seule dimension de la Loi, car elle est également la règle de vie de l'unité, règle que tous ceux qui veulent faire partie de la troupe doivent accepter, et c'est encore la promesse qui rend ce choix publique.
Cette double dimension de la Loi doit exister. Il ne doit pas y avoir une loi pour sa propre progression, et une loi pour le bon fonctionnement de l'unité. Il faut que l'unité soit précisément le lieu même où l'on essaye de vivre ensemble tous la même loi, C'est cette Loi qui doit être présente dans toutes les activités, pendant l'année et pendant le camp. Il faut montrer que le respect de cette Loi permet de faire en sorte que la troupe marche bien, ou que le camp soit réussi, et qu'elle permet donc d'être heureux, individuellement et en groupe.
Il ne faut donc rien rajouter à la Loi, ni la doubler de quelque règle ou charte pour le fonctionnement de l'unité. Il n'y a qu'une seule règle de vie au camp, une seule loi pour l'unité :-- c'est la Loi de l'Eclaireur. Tout le reste doit être montré comme découlant naturellement de cette Loi, et en devient une bonne illustration. C'est donc à travers cette Loi que toutes les activités, et tout le camp doivent être regardés. La Loi servant à la fois à l'édification personnelle, et à la bonne marche de la troupe, la vie à la troupe sera à tout moment un ensemble d'occasions d'appliquer cette Loi dans sa vie, d'y penser, de s'y entraîner, et d'y progresser,
Le scoutisme ne veut pas, en effet, se contenter de donner aux garçons un idéal plus ou moins abstrait et intellectuel, il veut le leur faire vivre concrètement.
C'est là une grande originalité. C'est ce qui distingue le scoutisme de la plupart de toutes les autres activités que pourraient faire les garçons, qui sont soit des activités faites dans un esprit peu contrôlé, soit des catéchisme ou instructions religieuses qui enseignent, mais ne font pas mettre en pratique.
Le scoutisme pourrait être en un sens considéré comme un catéchisme pratique: ne pas se contenter d'enseigner la fraternité, le dévouement, ou le service... mais aussi le faire vivre effectivement et pratiquement.
C'est pourquoi il est fondamental d'apprendre aux Eclaireurs à ne pas en rester à une bonne intention ou à un bon sentiment, mais à ce que cela se traduise par un acte et par une façon d'être. Un bon chef de troupe ne fera jamais naître un désir d'agir positivement (rendre service, partager &c...) sans qu'il y ait ensuite la possibilité de mettre en pratique. Sinon, les Eclaireurs n'apprendraient qu'à dissocier sentiment et acte, à s'émouvoir pour une cause, mais à ne rien faire pour elle, bref, à être des chrétiens passifs au lieu d'être des chrétiens efficaces et actifs.
Il est vrai qu'au départ la bonne volonté et les bons sentiments sont indispensables, Et c'est pourquoi une instruction religieuse, et à la troupe, les laïus du chef, sont fondamentaux. Mais il n'empêche que les garçons deviennent ce qu'ils pratiquent. En menant à la troupe une vie supérieure de façon régulière et suffisamment fréquente (pas moins d'une activité par quinzaine), ils prennent des habitudes de vie qui leur resteront, et deviennent petit à petit ce qu'ils voulaient être en faisant leur promesse,
Ceci est également vrai dans bien des domaines: on ne peut pas devenir pianiste virtuose en écoutant seulement des disques, ni expert en orientation en lisant des livres dans son fauteuil, ou en écoutant des conférences.
La manière d'être qui demande au départ un effort, et que l'on n'obtient que par un acte de volonté s'intègre petit à petit dans la personnalité pour devenir finalement naturelle et comme allant de soi.
Qu'on ne se fasse pas d'illusion, on ne devient pas du jour au lendemain ce que l'on n'a jamais été, même en écoutant de belles paroles, on devient ce qu'on pratique, et rien ne remplace l'expérience vécue.

La haute patrouille (HP) comprenant les chefs de patrouille, et aussi les seconds, elle est la clé de toute de tout le système des patrouilles. 99% des problèmes qui peuvent exister dans les troupes viennent d'une mauvaise utilisation de la HP, et réciproquement, chaque fois qu'une troupe ne marche pas aussi bien qu'elle le devrait, pour réagir, c'est à la HP qu'il faut s'intéresser.
Bien gérée, la HP est le cur de la troupe, qui lui donne sa vie et son esprit, mais inversement par maladresse ou ignorance du chef, elle peut devenir le point névralgique, et le centre d'un abcès meurtrier pour la vie de la troupe.
D'où vient cette importance de la HP? Et bien simplement du fait que c'est le CP (& le SP) qui donne l'esprit de sa patrouille, et donc l'esprit de la troupe qui n'est que l'ensemble des patrouilles. En effet, le CP & le SP sont ceux qui sont le plus en contact avec leurs Eclaireurs (plus que nous, chefs). Les Eclaireurs eux, aiment, respectent et admirent leur CP. Ils ont donc envie de le suivre, de l'imiter et de devenir comme lui. C'est donc vraiment leur esprit qui déteint sur leur patrouille. Ce sont eux qui font l'action la plus continue sur nos garçons, réagissant contre certains de leurs défauts, ou au contraire en laissant passer, quand ce n'est pas en encourager d'autres! Ce sont eux qui savent tout ce qui se passe dans la troupe, comme nous ne le saurons jamais, et qui ont plus que nous le moyen d'obtenir ce qu'ils veulent de la troupe. C'est encore eux qui réalisent concrètement ce qu'il y a à faire, qui entraînent les gars dans les jeux &c... C'est donc ce qu'ils veulent eux qui est fait, et non pas toujours ce que nous voulons nous.
Il ne faut pas, bien sûr sous estimer l'influence du chef, mais de toute façon, un CT ne pourra jamais faire ou obtenir vraiment quelque chose qui soit contre la volonté de sa HP. Il semble en fait que l'influence du chef soit visible à long terme, alors que l'influence de la HP est immédiate.
Pour s'en rendre compte, il suffit d'observer qu'une troupe sans chefs peut marcher quelque temps en patrouilles libres si il existe une bonne HP mais pas pendant très longtemps si elle n'est pas soutenue, et que inversement, même un excellent chef, n'obtiendra jamais rien de sa troupe si la HP est mauvaise ou refuse de marcher avec lui.
Le "secret" pour faire marcher une troupe, est de travailler AVEC la HP & en collaboration avec les chefs de patrouille, puisque c'est en fin de compte elle qui fait tout (ou plutôt par qui tout se fait). Un chef ne pouvant rien faire s'il est en opposition avec sa HP, la seule solution est de la ranger de son côté.
C'est pourquoi il faut d'abord très bien choisir sa HP. Puis il faut l'intéresser et lui donner de véritables responsabilités pour qu'elle soit constructive et non pas destructive, et aussi la former pour qu'elle soit compétente.
Il est indispensable d'avoir au départ de bons chefs de patrouille qui soient conscients de ce qu'on attend d'eux, et qui soient d'accord avec nos objectifs.
C'est pourquoi les CP doivent être choisis pour leur bon esprit, et il faut leur demander ouvertement avant qu'ils ne s'engagent à être CP si ils sont d'accord avec la qualité de l'esprit que nous voulons obtenir à la troupe, et si ils veulent ou non collaborer avec nous à cette tâche éducative.
Ces conditions étant posées, ils se rendent compte, de plus, de l'importance de leur rôle, et seront d'autant plus conscients de la confiance énorme que nous leur donnons en leur confiant cette responsabilité.
Mais nous verrons tout ceci plus en détail dans le chapitre "Troupe & Patrouille".
Si un garçon de 12 ou 13 ans reste aux Eclaireurs, c'est d'abord parce qu'il y trouve un bon esprit de troupe, et un idéal élevé, mais également parce que les activités et les jeux sont nouveaux pour lui et lui plaisent. Mais un garçon de 15 ou 16 ans, ayant l'habitude de la troupe, risque de se désintéresser petit à petit. Ce n'est alors pas par les activités qu'il faut le retenir, car il pourra toujours en trouver de plus intéressantes ailleurs et que nous ne sommes pas des organisateurs bénévoles de loisirs. De toute façon, pour les retenir par les activités, il faudrait les séparer de la troupe, et de cette majorité de garçons beaucoup plus jeunes qu'eux, mais on se priverait alors de l'extraordinaire puissance éducative que peuvent représenter les garçons âgés de 15 ou 16 ans dans le scoutisme. Le dynamisme positif du scoutisme venant précisément de ce décalage d'âges, et du fait qu'on met ensemble des garçons ayant, et n'ayant pas encore, passé la puberté. Il est donc indispensable que ces garçons restent.
Pour cela, la seule chose à faire est de les intéresser en leur donnant d'autres points d'intérêts, et une autre vision des choses, et donc leur donner des responsabilités véritables, et leur montrer qu'ils ont un rôle éducatif et d'instructeurs auprès des plus jeunes.
On a là une possibilité de motivation extrêmement forte. Pour un CP de 15 ans, c'est sans doute la première fois qu'il se trouve responsable de quelque chose, qu'on le considère comme un adulte, et non plus comme un enfant, et qu'il a une fonction et une importance réelles, ainsi qu'une importance reconnue.
Mais il faut pour cela que la responsabilité des CP soit réelle et qu'on leur donne effectivement de l'importance. Ceci se fait par une attitude continue à leur égard, et aussi par l'uvre du CdC qui permet des les impliquer dans les décisions concernant la troupe, de les mettre un peu dans le secret des chefs, et de leur montrer toutes les activités sur un autre plan (ainsi que la Loi &c...)
Il faut bien sûr former la HP en lui apprenant son métier de CP ou de SP et en leur donnant des conseils.
Pour cela, il faut insister sur l'importance de leur rôle, et le service rendu à leurs cadets et à la troupe par leur dévouement. Pour ce qui est de leur attitude, il faut surtout les exhorter à être amicaux et fraternels avec leurs patrouillards, et de ne jamais avoir recours aux "bottards" (qui vont à l'encontre du sens de l'honneur au lieu de l'utiliser), ni de diriger d'une manière trop autocrate. Il faut au contraire qu'ils aident et conseillent leurs cadets, qu'ils les laissent faire des choses, s'exprimer et avoir leur place dans la patrouille, même si matériellement tout serait mieux fait si le CP faisait tout. Le CP est là, principalement pour que les jeunes Eclaireurs apprennent à faire des choses, et pour faire tout son possible afin que tout se passe dans le meilleur esprit possible.
Il faut aussi leur donner une certaine formation technique, car leur supériorité dans ce domaine permet d'aider à leur prestige vis à vis de leurs Eclaireurs, et aussi parce que ce sont eux qui fixent le niveau technique de la troupe.
Le CdC est un moment privilégié, puisqu'il réunit les chefs, et les CP seuls à seuls. C'est donc, dans une grande partie là que se jouent les rapports entre chefs et CP.
Le fait est, que les chefs de patrouille n'aiment pas qu'on leur impose quelque chose, et ils auront forcément du mal à faire appliquer une décision qui ne vient pas d'eux.
La solution est alors très simple, il suffit de décider avec eux, car alors, si ce sont eux-mêmes qui ont décidé quel que chose, ils devront bien faire en sorte que cela soit appliqué. (Ou le mettre en pratique eux-mêmes!)
C'est ceci que permet le CdC, et il permet en plus de montrer qu'on les prend au sérieux, qu'on les considère comme supérieurs aux simples Eclaireurs, on leur donne ainsi une importance dont ils sont fiers et dont ils feront tout pour se montrer dignes
Il est surprenant de plus, de voir combien ces garçons qui pourraient être nuisibles, si non canalisés, dans la troupe deviennent, lorsqu'on leur donne des responsabilités en les prenant au sérieux dans le CdC, rigoureux, et même sévères.
C'est ainsi, par exemple, que des garçons qui seraient les premiers à lancer des pétards pendant le camp, lorsqu'ils se sentent responsables de la marche du camp et de leurs cadets, presque immanquablement condamnent leur emploi au CdC. Ils feront alors sans mal appliquer cette décision... et pour eux aussi! (Il est évident que cela ne peut marcher que si le chef a eu la délicatesse de ne pas laisser voir qu'il puisse supposer que les chefs de patrouille soient assez bêtes et infantiles pour se livrer à ce genre de jeu stupide!!!)
Le CdC a en fait deux formes, suivant qu'il a lieu sur le terrain ou en dehors des activités.
Pendant tout camp, que ce soit pour plusieurs semaines, ou pour deux jours, il faut qu'il y ait un CdC tous les jours avec les CP.
On y parle des activités passées, les chefs de patrouille disant ce que leur patrouille et eux-mêmes en ont pensé, avec leurs désirs pour l'avenir.
Les chefs leur expliquent quelles seront les activités de la journée (dans le secret du CdC), pour s'assurer de leur concours, leur expliquer ce qu'ils auront à faire, et leur demander conseil sur quelques détails pratiques pour la réalisation.
Enfin, on traite toute question ayant à faire avec la marche du camp: horaires, services, problèmes éventuels &c... On fait aussi un tour de table pour savoir comment ça se passe dans chaque patrouille et voir comment résoudre les problèmes.
Mais les problèmes particuliers de chaque Eclaireur peuvent aussi être vus entre le CP concerné et le chef de troupe à un autre moment.
Ce genre de réunion doit être bien menée et dure environ 15 ou 20 minutes.
Pendant un grand camp, le moment judicieux pour le faire est difficile à choisir. Le soir, bien qu'assez calme est à éviter absolument, car les patrouilles ont besoin de leur CP au moment du coucher, si l'on veut que tout se passe correctement et rapidement. De plus, si les chefs veillent, les Eclaireurs ne se sentiront pas obligés de s'endormir rapidement, et en plus, les chefs ont eux aussi besoin de tout leur sommeil. L'équilibre du camp en dépend donc. Un moment possible pour le CdC quotidien est le matin entre le petit déjeuner et le rassemblement de lever des couleurs, ce qui est très propice, et laisse aux SP le soin de diriger la patrouille pour ranger les coins de patrouille, ce qui est un excellent exercice. (On peut aussi faire le CdC après le déjeuner pendant la sieste, mais toutes les patrouilles ne finissent pas de manger en même temps... voici encore une question à voir en CdC!)
Pendant chaque week-end, il doit évidemment y avoir aussi un CdC de ce genre.
Il se réunit une fois de temps en temps, le plus souvent possible, suivant les disponibilités de chacun, et le nombre des activités, mais pas moins de une fois par mois environ (pour un mois sans vacances scolaires).
Le CdC comprend normalement les chefs et les CP. Les seconds peuvent être invités, ce qui ne peut leur faire que du bien et permet pour une petite troupe d'avoir un peu plus de monde à la réunion.
La réunion doit se dérouler avec une atmosphère de sérieux pour que ce soit positif. Pour cela, le CdC doit se passer comme un conseil d'administration, avec un ordre du jour des questions à traiter &c... Chaque réunion a un secrétaire qui est un des chefs de patrouille (qui change à chaque fois), et celui-ci est chargé ensuite d'écrire un compte rendu des décisions et de la réunion dans un cahier prévu pour cela. La lecture du compte rendu du CdC précédent ouvre chaque réunion et doit être accepté à l'unanimité...
Ce petit folklore est très bien perçu des CP lorsqu'il est présenté avec sérieux. Il contribue à montrer le sérieux des réunions et des décisions, et entraîne en plus les CP à prendre des notes au cours de réunions &c... ce qui n'est pas facile.
Le reste du CdC peut d'ailleurs aussi leur apporter beaucoup personnellement s'il est bien mené, car ils doivent apprendre à exprimer leurs idées, à se faire comprendre, et aussi à écouter celles des autres, à laisser parler, puis à discuter le pour et le contre d'une question.
Les décisions, lorsqu'elles n'apportent pas l'unanimité sont votées à main levée , ou éventuellement avec des bulletins secrets pour des questions plus importantes. Chacun des chefs vote, et c'est la majorité qui l'emporte. Il peut alors arriver, pour des questions peu importantes ou en tout cas pas vitales pour la troupe, que les CP mettent les chefs en minorité (à leur grande joie!). Les chefs alors s'inclinent, donnant par là un très bon exemple de solidarité.
Mais bien entendu, le chef de troupe peut, s'il le veut opposer son veto pour une question qui serait vitale pour la troupe, mais cela est et doit être exceptionnel, car sinon, le CdC perdrait toute crédibilité. De même, le chef de troupe pourrait aussi profiter de son ascendant pour imposer indirectement ses idées, ou submerger les CP d'une masse d'arguments auxquels ils sont incapables de répondre, mais même s'il y réussit, les CP se rendront très bien compte qu'ils sont manipulés, perdront goût aux CdC, et l'effet atteint sera tout à fait à l'opposé du but que l'on s'était donné. Le CT ne doit donc qu'exceptionnellement "forcer" les décisions du CdC, et uniquement pour des questions très importantes. Pour les autres, il doit au contraire laisser l'ensemble du CdC prendre librement une décision, et même si la réponse à une question lui semble évidente, il doit la laisser trouver par ses chefs de patrouille. Il faut que le CdC ait des idées, et ne soit pas seulement un comité d'approbation du chef de troupe...
Les questions que l'on peut traiter en CdC sont innombrables. Citons pour exemple:
- La rétrospective des activités passées, avec les desiderata des CdP &c...
- Les activités futures: Week-end ou sortie, lieu, horaires, jeu de nuit ou veillée &c...
- Décisions générales de la troupe...
Il y a les questions importantes: allons nous camper en France ou à l'étranger, doit-on créer une nouvelle patrouille? &c... Mais il faut aussi que le chef trouve une foule de petites questions à discuter pour apprendre aux CP à discuter et pour les impliquer dans les affaires de la troupe. Par exemple: Doit on racheter un ballon de football ou de rugby, combien y mettre? De quelle couleur repeindre le mur du fond du local? Que faire pour gagner un peu d'argent?...
Après une pause ou un repas pris ensemble, une deuxième partie peut être consacrée à autre chose qu'à des décisions, comme par exemple de la formation (technique ou sur le métier de CP), ou à des discussions ou exposés sur des sujets, qui, pour une fois ne s'adressant pas à l'ensemble de la troupe seront vraiment à leur niveau (sujets de réflexion ou religieux...).
On peut aussi terminer le CdC, si l'on a bien contrôlé l'atmosphère par la lecture d'un verset biblique qui aura été introduit et expliqué avant la lecture, puis éventuellement une prière.
Le CdC ne doit cependant pas être le seul contact entre les chefs et les CP. Il faut que le maximum de liens de confiance et d'amitié existent entre eux. Pour cela toute occasion de contact doit être utilisée et recherchée, soit pour discuter de la patrouille en général et avec un garçon en particulier de son rôle de CP, de ses études, des ses difficultés, de ce qu'il aime, ou fait par ailleurs &c... ou alors tout simplement parler à bâtons rompus de tout et de rien, comme de bons copains.
Il faut en tout cas qu'au moins une fois par an, le Chef de troupe voie chaque chef de patrouille individuellement pour faire le point sur sa patrouille. Parler de chacun de ses Eclaireur amène tout naturellement à parler du chef de patrouille le lui même, et c'est alors un moment tout à fait privilégié de deux Frères qui se parlent en toute confiance.
Un des principes fondamentaux de BP est de "ne rien laisser passer", et de réagir énergiquement contre tout laxisme et laisser aller.
La qualité et I'esprit supérieur d'une troupe ne se font pas tout seul, Si on ne fait rien de particulier pour obtenir un bon comportement et une bonne volonté de la troupe, elle régresse nécessairement à l'état naturel de "cour d'école" où ce ne sont pas toujours les meilleurs éléments qui mènent. Au sein du scoutisme, nous voulons au contraire que la troupe vive d'une façon supérieure, et que ce soit la fraternité et l'esprit de service qui règnent plutôt que la force et la vulgarité.
Ceci ne peut se faire que par l'action continue du chef de troupe et de tous les chefs (y compris les chefs de patrouille), d'une façon collective et individuelle.
Le chef doit donc être extrêmement attentif, observer et voir tout ce qui se passe dans la troupe, et donc être toujours sur place, se promener dans les patrouilles, passer un peu de temps dans chacune, parler avec les Eclaireurs &c... afin de sentir exactement où en est la troupe, chaque patrouille et chaque Eclaireur, de déceler les problèmes éventuels, futurs ou présents et surtout de réagir immédiatement face à tout manquement d'esprit, dordre, &c... (Il ne faut évidemment pas que les Eclaireurs aient l'impression qu'on les surveille ou qu'on les espionne &c.... mais sentent simplement que le chef est là, et qu'il s'intéresse à eux, fraternellement.)
Il faut savoir en effet quil est toujours beaucoup plus facile de prendre un problème à la racine, que de récupérer tant bien que mal une situation négative installée déjà depuis un certain temps.
Ainsi, dans une troupe qui marche bien, le chef aura à agir constamment, bien sûr, mais sur des petits points, avec de simples petites remarques ou félicitations, le plus souvent.
Par contre, essayer d'introduire de bonnes habitudes dans une troupe qui a déjà l'habitude de fonctionner dans un certain laisser aller ou mauvais esprit est pratiquement impossible. Il vaut mieux alors repartir seulement avec ceux qui ont vraiment envie de vivre quelque chose de supérieur à la troupe, et qui veulent s'intéresser à leur promesse, et laisser les autres se distraire ailleurs que dans une troupe d'Eclaireurs.
Une troupe en effet, auto-entretient son esprit. Si elle a bon esprit, alors ce seront les meilleurs éléments qui seront reconnus comme leaders, et tout garçon essayant d'agir avec un mauvais esprit se sentira automatiquement exclu du groupe. Il aura alors deux possibilités: ou il comprendra et prendra petit à petit lui aussi ce bon esprit qui règne à la troupe, ou bien il trouvera que tous les garçons à la troupe sont des idiots, et il partira de lui même. Si au contraire, c'est un mauvais esprit qui règne dans la troupe, il n'y a alors pratiquement rien d'autre à faire que de repartir sur du neuf, car sinon, ce seront les meilleurs qui partiront en trouvant que ce n'est pas leur genre, et la troupe se dégradera de plus en plus.
Tout le problème du chef est donc qu'il y ait au départ dans la troupe (et donc surtout dans la HP) un bon esprit général, de façon à bien influencer ceux qui ne l'ont pas tout à fait. Les jeunes garçons qui arrivent à la troupe à 12 ans n'ont en général pas encore ce bon esprit, mais ils ont le temps de l'apprendre, car de toute façon, à 12 ou 13 ans, ils ne peuvent pas encore influencer beaucoup les autres, ni avoir un rôle de leader dans le groupe. Pour ce qui est de celui qui à 14 ou 15 ans n'aurait pas encore compris, il faut qu'il sente une pression continuelle des autres et des chefs (et qu'il n'ait en tout cas pas de responsabilités de patrouille), afin qu'il comprenne qu'il doit choisir: soit changer et être vraiment dans le groupe, soit partir. Pour cela, il faut aussi que le chef veille qu'il ne puisse former une bande au sein de la troupe pour se conforter dans son attitude.
Lorsque c'est le bon esprit qui règne, alors la troupe devient un milieu profitable pour tous, et en particulier pour ceux dont l'attitude est encore un peu... variable.
Afin d'aider sa troupe à progresser dans le bon sens, le chef doit encourager et féliciter, exhorter à bien se conduire (et donc voir à l'avance ce qui peut se passer), et faire prendre conscience des erreurs.
Tout ceci doit se faire au niveau de la troupe pendant les rassemblements, et aussi au niveau individuel, en prenant la peine de parler seul à seul à un Eclaireur chaque fois qu'il le faut.
Il va de soi que tous les membres de l'équipe des chefs doivent se sentir responsables du niveau de la troupe et faire chaque fois qu'ils en ont l'occasion les remarques utiles aux progrès de la troupe. Cependant, pour ce qui est des entretiens individuels avec les Eclaireurs, cest là le rôle du chef de troupe. Cest d'ailleurs lui qui est en général le plus compétent pour le faire, et surtout, il serait très destructeur pour un garçon que deux chefs lui disent des choses différentes sur lui à quelques instants d'intervalle. C'est donc le chef de troupe qui doit avoir en tête les qualités et les problèmes de chacun de ses garçons, et centraliser l'action pédagogique.
Bien sûr, il peut arriver qu'il laisse dans un cas particulier un adjoint compétent prendre un Eclaireur à part pour certaines raisons. Il faudra cependant toujours quil en soit rendu compte ensuite très précisément au chef de troupe pour le cas où il aurait lui aussi à agir à un autre moment.
De même, les adjoints devront dire tout ce qu'ils observent au chef de troupe, afin qu'il soit au courant et que l'équipe puisse en pa